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As They Burn – Will, Love, Life : Brutalité intelligente

28.10.2013 // Thomas Ferrandes // 0 Commentaire

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Le metal d’haltérophile (comprendre : le metal qui frappe) est, pour ma part, le genre le plus difficile à chroniquer et ce, pour plusieurs raisons. La principale est qu’il ne faut pas se faire avoir par l’effet Kleenex. Un album qui frappe très fort à la première écoute, ça émoustille rapidement le tympan et réveille l’instinct primaire de tout aficionado de double pédale. Sauf que le temps passe et l’album ne fait plus ce même effet dévastateur et perds complètement son intérêt car, 90% du temps, l’originalité passe à la trappe. Mais fort heureusement, certains groupes arrivent à déroger aux principes suscités.

As They BurnAs They Burn vient de la région parisienne. Après un EP (A New Aera For Our Plagues) et un album (Aeon’s War) franchement bien accueilli par la critique, les Franciliens sont revenus en Février avec Will, Love, Life, sorti chez Victory Records. Avec le renfort de Bastien Jacquesson aux claviers/sampling fraîchement arrivés dans le crew, la troisième livraison laisser présager de belles choses avec le premier single Dream Collapse lancé en amont de la sortie du skeud. Promesses tenues ?

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En très grande partie, oui. Et particulièrement sur deux points. Le premier est que tous les morceaux sont taillés pour la scène. Inscrit aux cahiers des charges lors de la composition ou venu directement des tripes, qu’importe. Chaque riff est pensé pour pit. Il n’y a qu’à prendre le riff d’intro de When Everything Falls Apart pour se rendre compte de la puissance de frappe d’As They Burn. Les vocaux complètement possédés de Kevin (dans le top 5 des meilleurs chanteurs metal actuel) apporte aussi son lot de haine : loin de la monotonie des grogneurs en place dans ces sous-genres métalliques, les techniques vocales exposées sont parfaitement maîtrisées et c’est en se replongeant dans le premier EP que l’on se rend compte du travail accompli au fil des années.
Les refrains aussi, véritables hymnes qui rentrent dans la tête sans en sortir (Medecine 2.0, Origin) , ont du apporter de beaux moments aux chanceux les ayant vu en concert.

Mais ce qui fait la véritable force des Franciliens, c’est cette ambiance imposée tout au long de l’album comme fil conducteur entre les morceaux. Entre la lourdeur des breakdowns et les riffs brise nuque s’insère la patte du groupe. Frozen Vision et son breakdown final désespéré, Origin qui court après le temps en prenant bien soin de le suspendre… Véritable marque de fabrique d’ATB que le groupe prends grand soin d’affiner au fil des années, ces ambiances noires apportent vraiment un gros plus et montent le groupe bien au-dessus de tout ce qui se fait actuellement en Metalcore, Deathcore etc.

Will, Love, Life fait partie de ces albums qui ne m’ont pas quitté depuis leur sortie. En dessous d’Aeon’s War en terme d’intelligence « brutalistique », il surpasse de loin ses aînés grâce à un véritable travail de fourmi sur les atmosphères. As They Burn rentre dans le clan très fermé des 10% d’excellents groupes sur la scène ‘Core. Des albums comme ça, j’en veux bien tous les jours.


Ecrit par Thomas Ferrandes

rédacteur à Midnight Coffee.

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