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Cult of Luna – Vertikal : Impressionnisme suédois

16.12.2013 // Thomas Ferrandes // 0 Commentaire

Cult-Of-Luna

La hiérarchie du Postcore se bouscule. Depuis les années 2000, le schéma est toujours le même : Neurosis régnant en maître incontesté du genre avec ses deux vassaux de chaque côté du siège, Isis et Cult of Luna sans oublier les petits groupes qui se taille la toute petite part du lion restante (Rosetta, Callisto…). Sauf qu’Isis est mort depuis 2010 et Neurosis a sorti un « Honor Found in Decay » de bonne facture mais très loin des attentes que l’ont peux avoir avec un groupe de cette trempe. Rester à avoir la nouvelle offrande de Cult of Luna pour voir si le trône allait être subtilisé…

Si le précédent album avait pour concept un journal d’un ex-interné psychiatrique traitant d’un monde parallèle peuplé de démons, d’arbres dotés de paroles et autres créatures des forêts, ce nouveau jet à été inspiré par le film Metropolis de Fritz Lang et plus largement du mouvement impressionnisme allemand. En gros, on quitte le monde forestier pour une plongée en pleine dystopie. Let’s go.

Niveau sonorités, l’album respecte à la lettre le thème. Tout à été fait pour retranscrire cette aspect froid et carré. Exit les sons organiques d’Eternal Kingdom, bonjour les synthétiseurs déshumanisés. Ces derniers se font plus présents qu’auparavant (The Sweep) mais surtout beaucoup plus mécanique (Synchronicity). Les rythmiques se sont densifiées (les passages de double-pédale sur Vicarious Redemption) et, paradoxalement, aérées comme pour nous éviter d’étouffer (In Awe Of).

Maîtrisant parfaitement l’art de faire tourner un riff pendant plusieurs minutes, le culte de la lune à cette fois ci poussé l’expérience plus loin. Les ambiances mettent plus de temps à s’installer, les progressions se font plus lentement, souvent à l’insu de l’auditeur. Cette démarche poussive oblige à se plonger complètement dans la musique, à s’y perdre pour mieux ressentir la puissance dégagée.

En sortant un Vertikal intense, froid et mécanique, le groupe se hisse au panthéon de son art en conjuguant à merveille puissance pachydermique et ascenseur émotionnel. Changement de hiérarchie dans la sphère Postcore, Cult of Luna s’assied sur le trône… Jusqu’au prochain Neurosis?


Ecrit par Thomas Ferrandes

rédacteur à Midnight Coffee.

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