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GRAND BLANC : L’interview et live report

05.07.2015 // Magali Arsac // 1 Commentaire

grand blanc

Grand Blanc, ou un des groupes qu’on chérit tout particulièrement depuis l’an dernier. Et on a eu la chance de les rencontrer au festival This Is Not a Love Song à Nimes, l’occasion de revenir sur leurs compositions, visuels. Et de revivre le concert à travers un live report vidéo. 

Live Report Vidéo :

 

De la fraicheur musicale pour cet été, on a rencontré Grand Blanc rien que pour vous. 

La ville de Metz : côté industriel

Ben : On a passé notre adolescence à Metz, cette ville nous a influencé : la brique, la rouille… C’est une ville rêvée, sublimée, fantasmée. Les chansons sont narratives, propres au lieu. On aime à dire que c’est une ville personnage.

Camille : Metz, c’est un mélange de ville médiévale et industrielle, un ensemble postmoderne. C’est aussi une ville où il y a eu la première et seconde guerre mondiale. C’est un mélange de tout : il y a des grandes cathédrales, des blockhaus.

 Le visuel

Ben : On a collaboré avec Vincent Denis qui est tatoueur lyonnais. Il n’est pas  illustrateur, donc il travaille élément par élément. On lui a envoyé des symboles, donc la composition est une semi perspective de gravure médiévale.

Et là on bosse avec Peter, qui est aussi tatoueur. Il vient de l’illustration, il fait de la BD. Et ce visuel est destiné au disque sorti avec deux anciens morceaux « Montparnasse » et « Nord ». Ce visuel a un aspect plus expressif et narratif.

Camille : Il a pris les pions normaux, et les a détourné : en biker, le roi en robinet. On voulait se détacher du côté ultra austère, un peu d’humour. L’enrobage de la musique (les visuels, les clips) sert à faire passer un message.

L’écriture

Ben : J’ai fait un Bac Littéraire, je suis parti en prépa à Nancy. Puis je suis allé à la Sorbonne et à l’EHESS (école des hautes études en sciences sociales), où il y a un département de littérature, d’esthétique et de linguistique. J’ai étudié le travail d’un poète  contemporain Yves Bonnefoy.

Ma manière d’écrire est très formelle, dût à l’habitude de décortiquer les textes ( de manière linguistique), un côté scalpel. Avant Grand Blanc, ma manière d’écrire ne me plaisait pas du tout. Les thèmes de prédilection en poésie de façon générale, c’est les fleurs, les montagnes. Nous on habite à Metz, il fallait faire de la poésie avec du béton. On voulait qu’il y est des mots qui s’entrechoquent entre eux, cette manière d’écrire sans trame, ça permet de faire émerger des choses plus puissantes et profondes. C’est ce mauvais réflexe de dire « cette phrase veut dire ça » qu’on veut tordre. C’est une manière de parler qui est plus libre. Cette petite morsure de la vie, c’est ce que tu essayes d’esquiver.

Et c’est dans ce noeud de mots qu’il se passe des choses mystiques.

La composition

Ben : On a beaucoup ajouté des boites à rythmes et claviers.  C’est après avoir enregistré « Montparnasse » chez Luc avec « Nord » et « Feu de joie ».  Luc a commencé à apprendre à se servir de logiciels de son dans son école. Avec Camille, on a entendu des synthétiseurs, des effets sur la voix. Et on a entendu une musique produite. Il n’y a pas que la voix et les mains pour défendre un morceau. On a un mode de composition très fragmenté.

Luc : Vincent et moi avons appris à Camille et Ben à utiliser Ableton Live pour s’enregistrer eux mêmes. On bosse plus vite, on regroupe le tout.

Camille : C’est de la Jam numérique. On aimerait sortir un album en 2016, donc on essaye des choses. Moi j’apprend toute les fonctions des potards des synthés, on est comme des fous quand on voit tout ce qu’on peut faire.

Influences

 Ben : C’est plutôt une époque de la musique française, où y’avait des gars qui chantaient en français de manière libre comme Bashung qui porte un teeshirt de Joy Division. Nous, ce qu’on aimerait voir, ce qui nous fait rêver, c’est cette époque. Quand on a découvert la Cold Wave, on a adoré, cette forme qui a une certaine hargne.

Il y a aussi Future Island, on a pris une claque en live au point éphémère à Paris. Des gars qui arrivent à faire de la musique électronique en donnant de l’importance à une basse, une guitare acoustique. Cela peut nous aider pour la place de chaque instrument dans le live.

Les clips

Ben : On a sorti le clip « Montparnasse », qui dépasse le morceau et qui peut avoir un côté court métrage. Sur l’album, on aimerait faire des séries de clip.

Cette année est passée vite, la musique est notre priorité, mais on doit aussi faire la promotion, on doit penser à l’image : la pochette, les clips. Ca demande beaucoup de temps.  On a pris 3 semaines pour composer et revenir aux sources.

 Il y a un phénomène violent de dépossession, comme Fauve, ce ne sont pas les gens qui sont mis en avant, tu offres ta musique. Il y a aussi quelque chose de simple là dedans, ça t’invite à prendre du recul sur ce que tu fais. Grand Blanc, on peut en parler à la troisième personne. Ca aide à être moins grave, et de se permettre plus de choses.

 On fait de la musique pour muer.


Ecrit par Magali Arsac

Rédactrice en chef à Midnight Coffee. Passionnée de musique, de mode, d'art & d'histoire. Coffee Addict.

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