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Hubcap Music, Le dernier album blues graveleux de Seasick Steve

15.05.2013 // Jean Lapeyrie // 0 Commentaire

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 Dans une époque où l’on a tendance à oublier que la musique peut aussi être acoustique, Seasick Steve nous le rappelle fièrement avec son 5ème album Hubcap Music. Un album est quel album ! Du blues de très grande qualité, en même temps, il est dur de s’attendre à autre chose de la part de Seasick Steve, une enfance, une vie difficile dont il nous parle dans ses chansons : “Been taking care of myself since I was 13 years old.” Mais là où Seasick Steve surprend c’est que là où l’on pourrait s’attendre à un album entier à la sauce épicée type ZZ-Top, l’ex-hobo nous prouve qu’il n’y a pas que le blues dans le blues.

 Des graveleux bruits moteur introduisent la première piste Down On The Farm… approprié, compte tenu de l’une de ses guitares consiste en un peu plus de « deux enjoliveurs et une houe ». C’est un exemple typique, hochements de tête, piste blues grossières que les fans ont appris à connaître et à aimer, avec une voix / guitare solo Buckingham-esque Lindsey qui est devenue une sorte de marque de fabrique. Mais là où il est intéressant c’est contrairement à ce que cette ouverture veut nous faire croire, l’album est bien plus varié.

 Et “Over you” en est la preuve ! Un morceau acoustique magnifiquement raffiné soutenu par un rythme solide, nous montrant le côté sophistiqué de Seasick Steve agrémenté de lyriques assez douces “All the kings’ horses, all the kings’ men, can’t put a broken love back together again.” L’accompagnement de tous ces mandolines et autre acoustique nous fait sentir une légère odeur à la Led Zeppelin, une bonne surprise en soit mais qui, quand on s’intéresse aux gens qui ont travaillé sur l’album ne l’est plus. En effet, on peut y voir le doux nom de John Paul Jones bassiste et clavériste de Led Zeppelin, il apporte ainsi à l’opus une touche groovy à peine audible, mais essentiel.  Ainsi ayant travaillé avec Jimmy Page, Jones sera en mesure d’apprécier le son de guitare baclé de “Self Sufficient Man” une piste autobiographique, où Seasick Steve nous raconte son enfance perturbée à la manière d’un Lighnin’ Hopkins, les sonorités électriques disto’ en plus.

 Mais quand on s’appelle Seasick Steve, John Paul Jones… ça ne suffit pas, alors on se fait un petit plaisir et on demande à Jack White, guitariste/chanteur/pianiste des White Stripes, pionnier dans le style de blues/rock qui lui est propre de venir faire un petit coucou le temps d’un morceau. Mission accomplie : “The Way I Do” se retrouve composé du son de guitare strident et inimitable qui le distingue des autres loups de la meute, une apparition certes courte mais très appréciable.

 Bien sur il y a des points noirs sur Hubcap Music, des morceaux oubliables tels que “Freedom Road”, “Hope” et “Keep On Keepin’” non pas que ces pistes sont mauvaises mais bien que les appréciant, on ne peut pas objectivement retenir ces morceaux qui sont pour le coup répétitifs et dénués d’intérêts quand on sait que Seasick Steve a fait tout cela avant et l’a fait mieux. Remplis de riffs rudimentaires, l’ex-hobo se tire une balle dans le pied et file le reste des munitions à ceux qui l’on appeler un “one trick poney”.

 Ne vous en faites pas, on va avoir tendance à oublier ce point noir avec le point culminant de Hubcap MusicCoast is Clear” avec ses cornes soul et ses sons d’orgue lisses qui donnent à la piste une ambiance vintage. Avec un départ rugueux digne de Steve Wold aka Seasick, il est capable de le retirer de façon convaincante et nous laisse en compagnie de son chant puissant accompagné de falsetto de qualités. Cette piste nous montre à quel point Wold peut briller même en sortant de ses sonorités habituelles.

 Les grands noms vont sans doutes attirer l’oeil des plus avertis, mais en regardant ses succés passés, Hubcap Music peut décevoir, les airs de boogie blues ne sont pas tout à fait à la hauteur, mais il reste un opus de qualité qui fera sans doute un grand plaisir aux fans ou aux néophytes voulant s’initier aux plaisirs discrets du blues.

 


Ecrit par Jean Lapeyrie

pigiste à Midnight Coffee

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