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Rencontre avec Alifib ou la volupté du rock aphrodisiaque.

14.05.2014 // Sarah Lonegro // 0 Commentaire

alifib couverture

AlifibAlifib est un groupe de rock Français formé en 2006 et composé de quatre jeunes gens. La formation commençant à prendre de l’ampleur depuis 2011 et gagnant à se faire connaître, nous avons décidé de vous parler d’eux.
En écoutant leur premier EP auto-produit, nommé sobrement « Alifib » et sorti fin Mars 2014, nous avons affaire ici à un univers planant et envoutant comme peu de musiciens savent le communiquer. Leur public qualifiant leur musique « d’aphrodisiaque », c’est peu dire…

 

Les présentations faites, commençons l’interview et laissons la parole à Renaud (Chant/Guitare) et Martin (Violoncelle/Guitare).

Pourquoi le nom Alifib, j’ai vu que vous en aviez changé plusieurs fois?
Alifib, c’est un morceau de l’artiste Robert Wyatt tiré de l’album Rock Bottom qui nous plait beaucoup. On aimait bien la sonorité et l’équilibre du mot, je t’invite à écouter ce morceau (version studio, et surtout la version live au Theatre Royal Drury Lane avec le batteur des Pink Floyd qui l’accompagne, c’est superbe, aquatique). Apparemment ça a aussi d’autres significations (position du kamasutra, etc …). Nous avons changés plusieurs fois de nom car nous sommes passés par différents cycles. Alifib correspond au moment où nous nous sommes reformés (en 2013) après 2 ans de séparation.

Quelles sont vos influences les plus prononcées selon vous?
Martin : Nos influences sont très différentes et changent au fil des années : l’album que tu as écouté est inspiré d’artistes que nous n’écoutons plus forcement maintenant (tel que Radiohead, Portishead, Sigur Ros…) car nous avons commencés à travailler dessus il y a 4 ans.
Renaud : C’est très difficile de parler d’influences en général… Personnellement ça change très vite, en ce moment j’écoute un peu de musique africaine, un live à Osaka de Keith Jarrett en boucle.., du Steve Reich. Mais ce n’est pas forcément ce que le public retrouve quand il nous voit sur scène.

Pourquoi les chansons sont en anglais?
Renaud :
A la base J’aimais beaucoup la sonorité, puis j’ai vécu un an en Nouvelle Zélande et j’ai vraiment pris conscience du bonheur de pouvoir parler avec des personnes venant du monde entier. C’est la langue universelle de notre époque, je veux que mes paroles puissent résonner sur la planète, pas seulement en France. Il fut un temps où le français était la langue diplomatique, universelle, mais ce n’est plus le cas.
Martin : Nos chansons sont en anglais car nous traitons la voix comme un instrument et non pas comme le fil conducteur des morceaux et l’anglais sonne bien mieux que le français (phonétiquement parlant).

De quoi parlent les chansons de votre EP récemment sorti, (que j’ai écouté et aime beaucoup)?
Renaud : Les chansons de l’EP parlent de pas mal de choses profondes pour moi, c’est difficile de les traduire à la va-vite comme ça dans une interview mais je peux en parler en surface pour un aperçu.

Je parle du besoin de partir voyager et découvrir les choses par soi-même (« Boat in Oceania« ).

« Daylight » parle d’espoir avec la phrase lancinante qui dit que « la lumière du jour est notre seul salaire », ce qui sous-entend qu’ il ne faut rien attendre de plus que se satisfaire simplement de la beauté du monde, des couleurs, de la beauté de la lumière du jour (c’est presque religieux pour moi).

« Interférences » rejoint « Daylight » je pense. Elle parle de la perception de la vie telle qu’on devrait l’avoir il me semble : le fait de vivre sans attendre, juste profiter de ce qui se passe sous notre nez en direct, ce qui est un combat de tous les jours dans notre société actuelle continuellement dans le projet, la carrière etc… « She’s waiting for nothing, she’s always smiling… »

« 23 years » parle de l’histoire de Rom Houben.
(Rom Houben est un homme qui a eu un accident de la circulation en 1983 et diagnostique par la suite comme étant dans un état végétatif. Sauf qu’en 2007 des médecins ont découvert qu’il était en fait dans un état de conscience mais que son corps est entièrement paralysé.)

« Slow motion » parle de la naissance, de la mort, et de l’émerveillement qu’on a pour la vie qu’on devrait tous garder de la naissance jusqu’à la mort : « open your mouth, eat the constellation then let it melt down till you die… ».  L’idée du ralenti parle de la sensation d’apesanteur que l’on retrouve dans l’espace et dans lequel on naît : bébé en suspension dans le liquide amniotique.

« Blythe Master’s dream« , il suffit de se renseigner sur le rôle que Blythe Masters a dans le monde actuel et on comprend très vite le sens de la chanson.

« Shoot me down » parle de l’aspect animal qu’on retrouve chez l’être humain à travers ses relations sociales. L’instinc animal qui malgré tout reste sans arrêt en sous-jacent.

Maintenant votre EP sorti, des projets en particulier?
Nous avons beaucoup de dates de prévus en France et à l’étranger mais besoin aussi d’un peu de repos . En ce moment nous travaillons l’aspect visuel du groupe (Clip, vidéo de concert, photo, site etc …). Nous sommes en auto-production et depuis un an nous n’arrêtons pas … il va nous falloir de vrai vacances pour se poser afin de repartir de plus belle …

Question cruciale, vous aimez le café?
Martin 
: J’adore le café mais je ne peux plus en boire malheureusement.
Renaud : J’aime beaucoup le café, mais je me méfie car ça devient vite addictif sur moi. En ce moment j’essaye de baisser un peu mes consommations d’excitants : café, thé, vin… Mais j’adore !

Si vous êtes désireux de voir le groupe jouer dans un cadre plus que sublime, ils se produisent au Festival des Voix du Gaou à Six-fours-les-Plages, le 23 Juillet en première partie de Massive Attack.

Les prochaines dates d’Alifib:

20/05/2014: Le Molotov // Marseille, France
23/05/2014: Festival Volum’Art // Brignoles, France
21/06/2014: Cours Mirabeau // Aix-en-Provence, France
23/07/2014: Voix du Gaou // Six-Fours, France

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Le Site Officiel
Le Bandcamp


Ecrit par Sarah Lonegro

Rédactrice en Chef de Midnight Coffee, une tasse de café à la main, l'autre tapotant le clavier les soirs de pleine lune.

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