Quand Para One réalise un court-métrage en hommage à Chris Marker.

Normalement reconnu pour sa musique électronique, Jean-Baptiste de Laubier est un compositeur français et auteur de l’album « Epiphanie » (2006) sous le nom de Para One. Possédant une une réelle âme d’artiste, ce dernier a suivi une formation cinématographique à la Femis grâce à quoi il a pu rencontrer des réalisateurs comme Céline Sciamma et composé pour eux des bandes originales.

Mais aujourd’hui, c’est lui qui est derrière la caméra, avec son premier court métrage « It Was On Earth That I Knew Joy » . Ce film était à l’origine une commande impulsée par le label SixPack. Ce dernier existe depuis 1998 et s’intéressait premièrement à l’univers du graffiti et possède à ce jour une boutique de vêtements à Avignon. Ce label s’intéresse aux courants artistiques avant-gardistes, aux contre-cultures, au cinéma expérimental.. Il invite donc des graphistes et artistes internationaux à venir travailler sur des supports variés tels que des vêtements généralement mais aussi des livres, musiques.. et désormais film, avec cette création de Para One.

Ici, le but du film était d’illustrer une collection de vêtements avec des références passés, présentes ou futures. Finalement, il s’est avéré être un hommage à Chris Marker, reconnu dans le milieu pour ses nombreux films documentaires, qui sont des essais cinématographiques au style très personnel, dont La Jetée. Il a tourné partout sur la planète (Chine, Cuba, Japon..), montrant la réalité du monde dans des films où le commentaire est aussi important que les images. Pour ce qui est du court-métrage de Jean-Baptiste de Laubier, nous pouvons parler d’une véritable réflexion sur les mécanismes de la mémoire.

Ce sont les images DV (Digital Video) de Jean-Baptiste de Laubier, prises au hasard de ses voyages, qui nous narre l’histoire d’un monde apocalyptique. Un monde dantesque où un virus semble avoir évincé toute trace humaine.. Et c’est donc un robot, en voix off, qui se fait le porte-parole de la mémoire humaine rappelant que seuls les souvenirs ne périssent pas. Para-One dit de son oeuvre qu’il est « un documentaire optimiste sur la mort » .

En bref, émouvant et retournant sont les maitres mots de ce premier court-métrage particulièrement réussi. Il ne vous reste plus qu’à le visionner autour d’un bon café !

2 réflexions sur “Quand Para One réalise un court-métrage en hommage à Chris Marker.

  1. époustouflant, troublant, fascinant ! Jean-Baptiste de Laubier nous a concocté un véritable chef-d’oeuvre cinématographique. Un bel hommage à Chris Marker et à ses films « La Jetée », mais aussi  » Sans Soleil », film documentaire majoritairement tourné au Japon dans les années 80. Il est difficile, après avoir vu ce court-métrage fabuleux, de ne pas penser à « Twelve Monkeys » et « Space Odyssey 2001 », qui ont vraisemblablement fortement inspiré JBL. Enfin, pour finir avec un euphémisme gigantesque : BRAVO !

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