SOMA : Interview et bilan d’un fabuleux concert niçois.

17h15 : Nous voilà arrivées en terre niçoise, quelque peu arrosées par la fine pluie qui s’écoulait ce jour-là. On se trouve un café non loin du B-Spot, la fameuse salle  où Soma, véritable groupe pop-rock à la culture anglo-saxone, jouera ce soir.  On retravaille nos questions une dernière fois, le ventre un peu noué, voilà trois années qui se sont écoulés depuis notre dernière rencontre. Avec une certaine hâte, nous finissons notre café et partons à la rencontre de Soma.

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18h : Arrivées au B-spot, lieu plutôt accueillant et attractif, nous allons à la rencontre de Lionnel qui est, comme nous pourrions dire le leader du groupe, guitariste et chanteur à la voix délicieusement fluide et rock.  Nous nous installons  pour débuter l’interview.

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  • Interview de SOMA, le jeudi 4 avril au B-Spot à Nice.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de te lancer dans la musique ?

C’est quand j’ai vu mon cousin jouer un riff des Guns N’ Roses, groupe que je ne supporte plus aujourd’hui mais à l’époque j’étais fan. Du coup, j’ai eu envie de faire de la guitare, de monter un groupe, car au bout d’un moment je m’embêter un peu tout seul dans ma chambre ! J’ai tout de suite trouvé les potes pour jouer. Ce qui nous a aussi donné envie, c’est de voir le groupe Queen, on a halluciné du pouvoir de la musique sur les gens et sur nous-même.

Pourquoi avoir appelé votre groupe «SOMA» ? Est-ce lié à un traumatisme avec une professeur de grec ? (NB : Soma veut dire « corps » en grec.)

C’est ça (rires) ! «Soma» est une chanson des Smashing Pumpkins, que vous connaissez tous, n’est-ce pas ? C’est aussi une rue de San Francisco où il m’est arrivé beaucoup de galères, je me suis fait voler mon portefeuille, courser par des gens pas très sympas, un quartier qui s’appelle South of Market (l’abréviation est SOMA). C’est aussi une drogue dans le très bon roman de Aldous Huxley «Le meilleur des mondes».

Pourquoi n’avoir chanté qu’une seule chanson en français, James Dean dans le premier album ?

Ça a été un peu un accident, enfin un heureux accident car on ne regrette pas mais je t’avoue que ce n’est pas notre chanson préférée. Elle est dans l’album parce que je n’arrivais pas à m’exprimer autrement qu’en français sur la Beat Generation.J’ai pris l’exemple de James Dean, mais ce n’est pas une biographie, c’est plus une chanson sur le phénomène, ce qu’il y a eu avant Woodstock. Des poètes un peu fous qui prenaient de la mescaline, qui se droguaient. Des libertaires brûlant la chandelle par les deux bouts… Cette période me fascine.

Alors c’est pas parce que tu as des airs de James Dean ?

On me l’a déjà dit, c’est un compliment mais à l’époque je ne lui ressemblais pas du tout, j’étais plutôt Screech ! Le mec tout maigre avec des cheveux frisés dont tout le monde se moquait dans la série «Sauvé par le gong»!

Comment définirais-tu l’évolution entre les 2 albums ?

C’est une évolution normale d’un groupe qui mûrit, moins «chiens fous». Ce qu’on ne renie pas, on est toujours comme ça en live. Mais on s’est dit que c’était intéressant de trouver l’énergie ailleurs, dans des tempos plus lents, des mélodies plus travaillées. Le deuxième est beaucoup plus pop. Sur le troisième album, on reviendra peut être à une énergie folle ou non, je ne sais pas. Il est important d’évoluer, d’aller vers d’autres univers, quitte à perdre du public et d’en gagner aussi. Pour nous l’important c’est de voir à long terme, d’inscrire le projet dans une continuité.

Quel est ton préféré  ?

C’est dégueulasse ça comme question (rires) ! En fait il y’a des titres que j’adore dans le premier album mais d’autres que je déteste. Dans le deuxième album, j’ai tendance à ne pas avoir un titre préféré, ça dépend de l’humeur. Je trouve que le premier était inégal, il y avait de très bons trucs, puis d’autres moins. On a essayé d’harmoniser un peu le tout sur le deuxième album.

Quel est l’artiste avec qui tu rêverais de faire un featuring ?

Freddy Mercury ou John Morrison mais c’est trop tard.. Aujourd’hui, j’adore le chanteur de Pulp, Jarvis Cocker c’est une sorte de dandy. Aussi Neil Hannon des Divine Comedy. Des mecs un peu rétros, pas trop modernes au final.

Et avec quels artistes tu t’es le mieux entendu sur des dates ?

Avec Kill the Young qui sont de bons potes anglais, Ting Tings, Pony Pony Run Run avec qui on a fait pas mal de dates. Il y a plein de chouettes artistes, les Skip The Use sont sympas.

Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

Je crois que c’était en première partie de 30 Seconds To Mars, qui n’est pas forcément un groupe qu’on écoute à la maison mais ils nous ont fait confiance 2-3 fois et on a fait des grosses salles avec eux. Ils ont un public de malade, tu joues une note, ils sont déjà à fond, c’était impressionnant. C’est aussi grâce à ce concert qu’on a trouvé notre label, il y avait un mec de chez Sony dans la salle qui a aimé, avec lequel il s’est passé plein de choses dont notre signature et notre album.

Est-ce qu’il y en a un pire ?

C’était à Clermont Ferrand, on est arrivé dans une salle de 5000 personnes. C’était un festival d’exhibition de motos, un truc que je n’aime pas du tout… Ça a été un bide complet, il y avait 20 personnes dans la salle, c’était horrible, ça résonnait de partout. Ça m’a fait penser au film «Anvil» où des groupes de rock loosers jouaient devant personne…

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Alors l’avenir assez proche c’est qu’on va jouer au Printemps de Bourges, un festival bien sympa où il y a pas mal de professionnels, de bons groupes. Il y a un autre gros festival de rock qui arrive cet été auquel on va participer, je ne peux pas dire le nom encore… Ensuite on va ressortir l’album avec 3 nouveaux titres.

Dans l’interview de Konbini, tu dis chanter du Sardou sous la douche… vrai ?

Ah génial, c’est totalement faux (rires). (Il entonne) «Si les ricains n’étaient pas là» !

Tu n’aimes toujours pas le café ?

Non, je n’en bois pas mais les 3 autres du groupe ils en boivent pour moi ! (rires)

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18h30 : L’interview finie, Lionnel nous quitte pour une autre interview, busy tel un véritable homme d’affaires. Pendant ce temps, nous nous sommes installées dans la salle quelque peu originale du B-Spot, lumières tamisées et ambiance chaleureuse, on aurait pu les imaginer jouer dans notre salon, ce qui n’est pas des moins prestigieux ! Thomas, batteur du  groupe, s’est mis au piano, jouer du Yann Tiersen. Un délicieux moment que seuls les amateurs de valses monstrueuses peuvent apprécier à leur juste valeur.

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19h : Lionnel rejoint le groupe afin de faire les balances, nous en profitons pour rencontrer  le reste du groupe. Une cigarette, un verre de rosé et un fond de Soma, voilà une parfaite ambiance pour débuter une soirée. Nous savourons sans nier que ce soir, ils  monteront encore une fois sur scène et ils joueront. Ils sou­lèveront des foules et continueront à marquer le rêve d’une échappée à l’anglaise d’une génération si actuelle.

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20h : Les balances sont finies, le public ne va pas tarder à arriver. Le groupe part en loge profiter de quelques instants de détente avant le show. Quelques membres de la FanBase de Soma sont dans la salle, nous sentons réellement qu’un soutien énorme est présent pour les quatres musiciens.

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22h : Ils arrivent sur scène, acclamés par le public. Les premières notes se font ressentir, la voix suave de Lionnel se pose sur la musique. Et puis, on ne saurait trop vous expliquer. Des riffs, du rock, des mélodies qui transportent, de la pop, de la provoque, de l’élégant,  du jouissif, du nerveux… ce genre de chose qui ne s’oublient pas, que l’on espère revivre au plus vite, qui nous laissent sans voix. La foule se laisse emporter par les rythmes d’une efficacité folle du groupe. Il y a une phrase apparaissant dans un grand culte de Burton qui dit “They say that when you meet the love of your life, time stops. And that’s true.”  Oui, c’est bien vrai, le temps s’est arrêté et quand la vie reprend son cours, une fois le concert terminé, il défile à une vitesse folle. Ici, il est évident que « the love of your life » est la métaphore des ritournelles de Soma, pas de groupies dans les parages, ou juste les soirs de pleine lune comme les loups-garous. (Vous aurez bien compris que c’est de l’humour).

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En somme, Soma reste un groupe authentique, encore plus enrichis par ces trois dernières années. Un concert à l’énergie surhumaine, dynamique, à voir et à revoir. Pour ce qui est des nouveautés, le 3ème single  « Letters To Unwrite » a été revisité dans son mixage par le producteur français Pierrick Devin ( Cassius / Dead Film Star ) afin d’en délivrer un radio edit accompagné d’un clip dont la sortie est prévue courant  avril, ils seront aussi en concert au Printemps de Bourges le 27 avril en plus de quelques dernières dates de partout en France. L’occasion de profiter des bonnes ondes que les quatres excellents musiciens dégagent.

Chers amoureux de pop/rock, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire ! 

Site officiel – SOMA

Itunes – SOMA

 

Retranscriptions :

Magali Arsac : Interview
Sarah Lonegro : Bilan

2 réflexions sur “SOMA : Interview et bilan d’un fabuleux concert niçois.

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