Interview inédite du GBH3 : Not All Surrender !

 

17h30 : C’est avec un beau soleil tant attendu, que je me dirige vers le métro pour me rendre dans le 2ème arrondissement de Paris vers la station Strasbourg Saint-Denis, pour aller au QG du GBH3 où l’on s’est donné rendez vous.

18h00 : Je grimpe jusqu’au premier étage de l’immeuble pour enfin arriver dans l’antre du krew, accueilli par seulement deux des membres car le troisième avait un empêchement. Les décors sont comme je m’y attendais très représentatif : mur tapis de dessins réalisés par le GBH3, je rentre dans leurs univers.

Bien pour commencer, présentez vous : 

On est un krew composé de 3 mecs :

Sam Ol’ Shit, Lizard Queen & Skalp.

GBH3

Comment en êtes vous arriver à travailler ensemble ?

Sam : je viens de Digne-les-Bains, un endroit où les gens n’ont pas le droit de s’en sortir (rires).

Lizard : Moi je viens d’Auxerre, j’ai grandis dans l’endroit où mourir à cause d’un accident de la route ou d’un cancer ça n’arrive pas qu’aux autres, la-bas devenir star ou vivre de ta passion c’est pas possible. Tu n’as pas vraiment le choix de ton avenir…

À force de passer du temps ensemble, de se sentir à l’aise et d’avoir en commun une passion autour de la création, il y a eu une énergie qui s’exprimait sur des feuilles, des sortes de ‘cadavres exquis’, comme tout « dessineux » qui passent du temps en groupe : aucune limite, aucune contrainte.

Au fur et à mesure que l’on apprenait à se connaître, en discutant, on se découvrait aussi sur le papier, on cherchait à se compléter, à s’associer, à s’entraider. ..C’est venu petit à petit : plus on évoluait personnellement plus on faisait évoluer les compositions en groupe…

Au bout d’un moment, on a commencé à voir qui était plus à l’aise dans quoi et comment on pouvait faire de trois capacités une seule qui regrouperait le tout et serai donc « l’association ultime ».

Quand on a réalisé qu’en mettant le meilleur de chacun dans un seul travail ça avait un impact bien plus fou, on a compris qu’on se complétait vraiment et qu’il ne fallait pas lâcher ça !!

Vous travaillez à trois depuis le début ?

Lizard : Non !! on était quatre au début en fait.

Sam : Mais on peut pas dire qu’il travaillait vraiment (rires).

Lizard : C’était une année plutôt psychologique, on se cherchait grave.

C’était l’année pendant laquelle on expérimentait l’acceptation humaine d’un gamin de 20 ans quoi. Le quatrième était là dès la création du krew, Il s’est arrêté a la fin de la première année, à cause – entre autre – d’une distorsion au sein du groupe, assez difficile pour le Horses.

Sam : On était beaucoup moins pointilleux avant, l’autre nous a plus aidé a nous accepter en faisant des expérimentations ‘pouraves’. Au début on faisait vraiment de la merde (rires).

Lizard : Comme c’était un mec qui était autant âgé que Skalp, qui avait donc une certaine expérience, il avait une espèce de sagesse qui faisait du bien.

Sam : C’est vrai que quand tu as vingt berges,  ça fait du bien de rencontrer des adultes qui sont pas encore trop vieux.

Lizard : Mais quand il a fallu bosser, on s’est rendu compte que le côté relationnel dans le boulot n’était pas forcement facile, il y en avait trois qui fonctionnaient très bien et qui se posaient pas trop de questions et un qui…

Sam : … qui était obsédé par la reconnaissance et la thune c’était incroyable !! (rires) Pour un boulot de merde, il voulait qu’on soit payer genre 4000 euros ou des trucs pas possibles. C’était des plans où tu te dis « mais mec on s’en fous, c’est notre premier boulot et en plus on fait de la merde ! ».

GBH3

Maintenant expliquez moi, qu’est ce que c’est le GBH3 ?

Sam : Le GBH3 c’est un krew de cochons femelles (rires).

Lizard : Un krew de cochonnes qui couchent entre hommes (rires).

Sam : En fait, il y a plusieurs significations. La première, c’est un morceau que l’on trouve dans le film « Le Silence des Agneaux » :  « Q Lazzarus – Goodbye Horses » , un morceau de Black New Wave qui tue, qui accompagne la scène où Buffalo Bill est en train de se maquiller ; il se regarde dans la glace avec un skalp de gonzesse sur la tête qu’il a découpé lui-même, et il se parle en disant qu’il aimerait se baisé tout le temps.

C’est vachement malsain, ça à un côté très égocentrique, un côté « rugbyman qui ne s’avoue pas qu’il est homo » alors que lui justement se l’avoue complètement (rires). Cela dit je trouve que les rugbyman assument de plus en plus leurs côté ambiguité sexuelle (rires).

Lizard : Je pense que c’est vraiment comme une réunion de trois gamins de sept ans qui jouent ensemble dans la rue, sans pouvoir se passer l’un de l’autre. On est juste plus âgés, avec toujours la même envie de jouer, mais avec des dessins.

Sam : Le GBH, c’est aussi une loi sur la dégradation artistique en Angleterre, suite à laquelle beaucoup de mecs du graffiti se sont fait coffrer.Il y aussi le GHB, ou encore le nom d’un groupe de punk. Et le « 3  » c’est pas très compliqué : c’est parce qu’on est 3 en fait (rires).

GBH3

Pourquoi avez-vous voulu lancer ce projet ?

Sam : C’est venu très progressivement : au début on a juste tripé sur la musique, puis sur le fait de se retrouver avec des gens qu’on aimait bien.

Ensuite quand on a voulu bosser ensemble, on s’est rendu compte que le graphisme n’était pas ce que l’on voulait vraiment ; que le « GoodBye Horses 3 « , ce blaze que l’on a trouvé, l’idéologie que l’on a voulu créer autour, on l’avait spiritualisé et poussé au maximum.

On s’est aussi vite rendu compte qu’on avait un niveau de merde et qu’il fallait rehausser le niveau en dessin, en cohérence artistique. C’est comme ça que, petit à petit, tu formes un projet, et ça fait six ans maintenant.

Lizard : À la base, ça part d’un cheminement assez simple et évolutif. On est une bande de quatre mecs qui se réunissent autour d’un amour de l’image, d’un travail dans l’image ; qui apprennent a bosser ensemble avec les qualités de chacun.

Sam : Et qui surtout ne lâchent pas l’affaire, parce qu’il y a plein de projets à Paris qui naissent et qui meurent du genre : « on va faire un site internet avec un connard », ou encore,  « ouais j’ai rencontré trois mecs bourrés en boîte hier soir  qui m’ont dit qu’ils seraient chaud pour faire une marque de t-shirt ». Pleins de plans comme ça.

GBH3

Diriez-vous que vous vous identifiez à un concept particulier, ou que vous formez un mouvement original ? 

Lizard : On est de la théorie « des milieux ». On s’est reconnus à la fois dans tous les concepts existants, tout en s’en détachant complètement ensuite. C’est-à-dire que tu regardes un certain courant artistique en te disant : « mais c’est carrément ce qu’on fait » et dès que tu commences à approfondir tu te dis : « non en fait je suis pas fan ».

Sam : Par exemple, tu te dis que tu aimerais être rappeur, et tu te rends compte que les morceaux qui te plaisent sont ceux qui ne te concerne absolument pas, notamment du point de vue du discours social, parce que tu n’es pas black, ni arabe et que tu n’as pas grandis dans des cités. Ce n’est pas toi. Aussi, quand tu t’habilles en rockeur, tu sens que tu n’es pas dans ton époque, pas crédible. Comme si un mec te disait « hey Cliff Richard ! », sauf qu’il a 70 ans. En fait le GBH3, c’est justement cette idée de « non génération » (rires), qui évolue avec une sorte de vaste ‘culture poubelle’.

Il y a le mouvement hipster aussi, dans lequel on pourrait s’apparenter. Mais pourtant les soirées hipster sont celles durant lesquelles on s’ennuie à mort. On se sent mieux avec des bouseux avec qui on s’entend bien.

Lizard : Voilà c’est plus DisneyLand que le concert de Yousouf Jerusalem. J’ai passé beaucoup de temps dans les soirées tuning, dont je me suis beaucoup inspiré.

Sam : D’ailleurs, on a voulu fuir ça en s’installant à Paris, on a eu ce qu’on voulait, c’est-à-dire voir le côté ‘hype’ ; pour se rendre compte finalement que l’on préférait passer notre temps avec les ‘bouseux’.

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Cette « culture pourrie », vous la voyez comment justement ?

Lizard : On essaye vraiment de la sublimer, en utilisant la culture de masse type blockbusters, etc.  On a vraiment envie d’en faire quelque chose de complémentaire au dessin qui est riche, qui permet de traiter toutes ces références à la manière « hipster ».

Sam : L’idée est que ton oeil imprime une quantité d’images et de codes de telle sorte à ce qu’elles te renvoient à une époque, une atmosphère. Par exemple, tu vois une affiche de film et tu te poses la question « c’est peut être parce qu’il y avait la couleur noire, bleue, blanche, un effet metal qui te donne l’impression que c’est les années 90 ».

Avec la maturité, tu as ta méthode, tu acquiers une certaine technique et expérience qui te permet alors de travailler sur toutes ces références, en y ajoutant ta touche personelle. Tu inventes ton affiche de film, ta couverture de magazine, ta jaquette de jeux vidéo, tes personnages. Au final, tu es face à un art, ton art.

À nos débuts, on portait systématiquement un regard critique négatif envers l’art en général, et puis quand on a commencer à prendre du recul sur notre propre art, on s’est dit « c’est de la merde aussi » (rires). On s’est donc poser la question de savoir comment se différencier, comment bien sortir du lot. Plus tu dessines, plus tu te questionne :  » qu’est-ce-que tu kiffe ? qu’est-ce-qui te touches ? pourquoi ? comment savoir quel symbolisme tu mettrai là-dedans ?’.

Tout ça naît d’un amas d’images, d’idées et d’idéologies et si tu arrive à coucher tout ça sur la feuille, c’est une quête perpétuelle de au plus tu dessine au plus tu avance vers la lumière.

Lizard : Plus l’histoire s’écrit en fait, parce que tout les dessins sont tellement lié a ce qu’on vit que du coup tu t’imagine une narration.

Sam : Tu écris le quotidien, tu vis d’histoire, moi je me suis bercé aux mecs comme Jim Morison, qui vivait sa vie où tu te dis « j’aurais trop aimé vivre a son époque », sauf que la tu es en direct tu n’es plus dans les années 70, peut être que c’est toi qui écrit les pages de l’histoire de l’art. Donc si tu travaille comme un taré peut être que tu seras à la place des mecs dont on ce souviendra, on ce dira bon bah a cette époque la, il y avait le GBH qui sévissait à Paris, c’est aussi notre objectif.

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Qu’est ce qui vous inspire ? quelque chose vous à motiver pour faire ça ?

Lizard : Moi je pense que c’est vraiment des démarches personnelles pour tous, c’est des trucs qui arrive de l’enfance directement. C’est le fait d’avoir passer trop de temps dans des BD, des dessins animés, dans des trucs où tu t’apparente trop aux personnages, où dans des films tu as envie d’être ce héros, quand j’étais gamin j’avais envie d’être « Tintin ».

Sam : Ce qui inspire je pense, si tu prend tout ce qui à été marquant, comment tu as réussis a te faire des gonzesse, sur quel sujet de conversation : c’est très simple a expliquer du coup, tu as les films sur toute la période Schwarzenegger, qui a été le papa de la génération de 1986 et aussi Stallone pour les gros blockbuster.

Après tu vas sur la culture skate, la culture graffiti, tout ce qui a fait ta génération, il y a aussi la revival rock, l’arrivée des Daft Punk, le graphisme manga, le club Dorothée c’est tout ça qui nous inspire, c’est tout ce que les gamins ont vu, ce que moi toute ma vie je me suis dis : « ces choses la n’ont pas leurs place dans les musées ».

Pourtant pour moi, une planche d’un certain packaging, d’un certain mighty max en jouet particulier, pour moi ça a sa place dans un musée si on le met dans un certain contexte, si on montre ça comme une véritable oeuvre d’art, si on montre la planche originale qui est fait a la main.

C’est cette idée de tout cet art dont on a été nourris, cet art de masse que tout le monde a vu, où tout les gamins peuvent ce reconnaître. Essayer d’en faire quelque chose et en même temps de ce raconter soi.

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On trouve une importante activité du GBH3 sur Paris, mais est ce que vous êtes présent ailleurs ?

Lizard : On c’est un peu internationalisé ouais, il y a en a en Irlande, en Finlande, au Mexique, en Chine, en Afrique du Sud, en Australie, à Chicago, à Bruxelles, à Auxerre (rires) il y a des espèces de ville comme ça aussi, à Clermont ferrant grâce à un mec qui représente la scène stickers de Paris là-bas. À Fontainebleau.

Sam : Même dans les musées ! (rires).

Lizard : Dès qu’on ce promène de toute façon, on en met un peu partout.

Sam : L’idée c’est d’installer des indices dans le monde, et qu’un jour tout prenne un sens, que les gens ce disent : « mais attend c’est eux qui ont fait ce logo, c’est eux qui ont fait cette expo ! » et en fait mettre des stickers en permanence dans la rue, continuer d’exposer dans la rue, être avec les gens c’est ce qui compte.

Parce que finalement stické, c’est un truc où tu es obligé de chiller pendant des heures dans la rue, avec les gens en pleine journée ou de nuit. Après tu as la galerie, tu as aussi les mecs où si tu fais des t-shirts, des casquettes le fait de donner des casquettes a des gens qui sortent beaucoup, ça permet d’être présent partout.

Lizard : On joue beaucoup avec le produit dérivé et quitte a aussi taper dans ces codes de la pub qu’on c’est prit, comme les stickers que tu reçois quand tu achètes une paire de basket, c’est quand même fun d’avoir le sien aussi. Essayer de le diffusé comme une espèce de logo que tu vois partout.

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Donc l’objectif c’est que les gens voient ce logo dans la rue et ce demande ce que c’est ?

Lizard : L’objectif c’est que ça rentre dans l’œil.

Sam : L’objectif c’est que l’on veut être un peu sur tout les supports, on a la chance aujourd’hui d’avoir des milliards de supports. Moi en fait voir mon blaze partout, mais même pas mon blaze a moi juste « GBH3 » : une idée, un concept que tu as eu, c’est même pas ta personnalité en fait, tu sais pas qui il y a derrière, tu vend une idée, un truc sur lequel tu tripes ton projet.

Un message que tu travailles depuis des années que tu peaufines et tu te dis : moi à la fin de ma vie il faut qu’il y en ai partout, au moins je meurs, j’aurais fais chier tout le monde et il y en aura même qui en auront ras le cul, je les comprendrais ces mecs mais je veux qu’il y en ai partout, qu’a un moment tu dises ce mec a bosser, il était a fond dans son truc a quatre milliards de pourcents, d’ailleurs c’est ça la punchline « On abandonne pas tant que tout n’est pas remplis » (rires).

Ca vous est déjà arrivé de voir un passant dans la rue réagir devant un de vos stickers ?

Lizard : Pas mal de clodos et des frix de la nuit

Sam : Il y a des mecs qui te demandent qu’est ce que c’est, beaucoup de black aussi (rires) pas mal de gens en soi, mais parfois ce n’est pas positif aussi.

Lizard : Des flics de temps en temps (rires).

Sam : Les stickers ça va, ça dépend où tu les colles en fait. C’est surtout le tipex qui nous a causé des soucis, surtout quand on fait ça dans des quartiers où il y a un peu de pognon, parce que Skalp  habite dans un quartier cool où les gens sont un peu relou. Après le graffiti  tu te fais un peu coursé parfois (rires).

Lizard : Surtout si on reste à Paris, les gens porte un mauvais regard sur nous.

Sam : Il y a un mélange d’indifférence à Paris, de mépris.

Lizard : Tu ne sais pas trop ce qu’ils disent, tu ne sais pas trop ce qu’ils pensent.

Sam : C’est une ville hostile paname en fait, c’est ça qui est cool. Soit tu dis ça prendra jamais et tu arrête, soit tu continue toute ta vie jusqu’à ce qu’a un moment, pour les gens ça deviennent incontournable, ils ce diront mais putain pendant 20 ans à Paris, il y avait des stickers GBH3 partout, tout les autres ce seront barrés et nous on sera encore la. Et ailleurs aussi.

GBH3

Vous avez déjà songé à exposé votre travail dans une galerie ?

Lizard : On y songe oui, maintenant on y songe parce je crois qu’on a bien bosser, renfermer sur nous même pendant 5 ans, pour arriver a vraiment avoir toute les déclinaisons possible et inimaginable, être sur de nous et d’avoir enfin un boulot qui nous plait.

Sam : On bosse de façon constructive depuis deux ans.

Lizard : On fabrique notre pyramide pierre par pierre.

Sam : En ce moment, on sens le niveau de ce qu’on peux montrer, ça devient cohérent. Par contre on ne voulait pas commencer par une galerie moisie, où tu sens qu’il y a tes potes et tout les membres de ta famille qui sont la (rires).

Lizard : On voulait avoir un beau projet surtout.

Sam : Ce qu’on voulait c’est faire un truc assez balèze et pour ça il faut une galerie qui tue, un galeriste qui comprenne.

Lizard : On pouvait pas sortir juste une série de boulot qu’on avait fait et l’associer a une autre série. Il y a tellement de narration par rapport aux personnages. La on commence aussi à avoir un truc qui c’est étalé sur de longues années, du coup une vrai narration qui s’installe, où le symbolisme qu’on fous ce comprend parce qu’il ce répète et on le ressent.

Vous avez déjà eu des propositions pour exposé ?

Lizard : Oui on en a eu une.

Sam : En fait on a eu aucune proposition, c’est nous qui somme aller les chercher.

Lizard : On est aller les voir, mais les deux fois où est aller voir des galeries, c’était un à Bruxelles pour des idées de produits dérivée d’artiste. Et un autre à Paris, qui lui bosse beaucoup dans les arts très visuel. Mais les deux ont vraiment tripés sur le boulot, ils ont vraiment sentis qu’on avait pas chômer.

Sam : Du coup on expose l’année prochaine dans la galerie Parisienne « Seven Gallery ». http://www.seven-gallery.com/

Qu’est ce qui est le plus compliqué dans ce que vous faites ?

Lizard : Imagine la relation que tu as avec ta gonzesse pendant x années, avec des moments de magie et des moments de duretés, où elle pète la forme et toi tu es au plus profond. Toute cette espèce de même relation, rapport que tu peux avoir avec n’importe quel autre humain, où tu passe énormément de temps avec, on l’a traversé quoi.

Qu’est ce qui vous a pousser a faire une collaboration avec Nicolas Theil ?  

Sam : Je crois qu’a la base on a grave kiffé sur le mec (rires).

Lizard : Et puis c’est assez marrant d’imaginer une série mode, puisqu’on fait des bijoux aussi du coup et avoir des collections de bijoux et de sac a main, porté par des mannequins ça a un côté excitant.

Sam : Parce que nous a la base, on aime bien les meufs qui aime la thune, la mode. Franchement tu sais, quand tu commence à côtoyer des mannequins grâce a Nicolas Theil et que tu vois ton sac porté par des nanas et que putain elles sont trop bonasse et qui te dise « ah ouais c’est toi qui a fais ce sac ? », tu as envie de faire des trucs qui tue, porté par des gonzesse qui tue.

Lizard : En plus c’est trop facile de dire « Ouais ça c’est de la merde, ça c’est de la merde… », tu as envie de dire : « mais qu’est ce que tu essaye de faire pour que ça soit mieux ? » Au lieu de dire que les sacs a main ou la mode c’est de la merde : « comment je pourrais faire en sorte de transformer ça en cool ? »

Sam : Surtout souvent tu dis, c’est de la merde parce que nous on a l’a dit, et c’est parce que quand tu as pas accès a ce milieu, tu dis souvent ouais ça c’est de la merde, genre c’est pas fait pour un mannequin quoi (rires).

L’avenir du GBH3 maintenant vous le voyez comment ?

Lizard : On le voit demain a 15h, il s’appelle Alexandre, on a rendez vous avec lui c’est le galeriste qui tient la « Seven Gallery » (rires).

Sam : Il ce passe à chaque fois un truc, on passe des étapes où a chaque fois, tu as l’impression que ton avenir il peut s’arrêter d’un moment a l’autre, c’est tellement imprévisible. Skalp qui tombe du 1er étage, qui ce fracture le talon, qui a quarante trois berges, qui a plus d’argent, il a un appart a 900 euros et il a quitté un CDI bien pépére pour travailler pour le GBH3 et tu te dis ouais ce mec commence a vraiment ce posé des questions.

Est-ce que ces cinq ans, où il a perdu tout son pognon petit a petit, il c’est fait des tatouages de plus en plus sur la gueule, dans le coup, tu te dis voila on peut commencer a réfléchir sur notre avenir. Moi j’ai dépensé 24 000 euros en tout dans ce projet, j’ai passé deux ans de chômage à faire que ça. Maintenant j’ai presque un refus de re vouloir travailler, je me rend compte que soit ça passe, soit ça casse.

Lizard : De toute façon, on est trop impliqué dans le truc du coup tu sacrifie un peu tout. Je travaille au dessus de l’auto école de Mérance et ça me convient parfaitement, à partir du moment où je peux passer mes journées a faire ça et je vois que ça aboutit aussi à quelque chose, ça me fais vivre suffisamment pour finalement même en chier à la fin du mois.

Sam : Je pourrais même plus bosser pour quelqu’un d’autre que pour moi maintenant (rires). Mais on est aussi vachement heureux d’être ici à paname, parce que c’est une putain de scène je trouve, tu te rend de plus en plus compte en restant ici que ça peut être une scène mondiale, ça peut être mater grave.

Lizard : En plus c’est parfait pour se tester, faire ses armes dans une ville aussi critique que Paname, où tu as même pas le temps de faire quelque chose que tu es déjà descendu de A à Z, ça donne une bonne motivation.

Au niveau du graph, il y a des street artists qui vous ont inspiré ?

Sam : Pas inspiré on a grandis avec, je veux dire notre premier bouquin qu’on a du voir en arrivant à Paris à Beaubourg c’était « Banksy », pas mal de grapheurs aussi, on a grandis dans la culture graffiti.

Lizard : La culture a la boxer et aussi tout les documentaires que tu pouvais mater dans les graphites de l’époque, tu avais vraiment des artistes comme « André » qui montraient quelque chose, tout en voyant aussi arriver la faille, pas la faille mais ce côté toujours habile en galerie, les tableau de grapheurs, les truc tout léchés.

Sam : Les mecs ce contentaient surtout de la facilité, André a fait le même bonhomme toute ça vie, il vit que de ça… et du Baron ! (rires). Quand c’est sortit, ça ma fasciné pendant pas mal d’année et puis il y a eu un moment où j’ai vu le Baron et je me suis dit même nous on est pas a l’abris de faire ce genre de truc, qui te dit que si on te propose l’argent et la gloire tu saute pas sur les trucs les plus péraves.

Vous pensez quoi du street art ?

Sam : En fait il y a un street art gaucho, qui dit que les Nike sont cousus par des Chinois que consommer c’est mal, ce street art j’ai trop du mal a le juger, je l’ai adoré mais en même temps je l’ai méprisé. Je veux dire tu peux pas acheter des Nike et dire que voila Banksy dénonce des trucs qui sont en France des portes ouvertes, j’ai une formule c’est « dit tout haut ce que les gens pensent tout haut » c’est à dire que voila ça dérenge pas tant que ça.

Ce mec ne nous a pas sortit une bonne croix gammée sur ses t-shirts, où même je sais pas finalement ça montre des failles que tout le monde voit et j’aimerais voir plus loin que ça, j’aimerais que le street art aille plus loin parfois et c’est des mecs que je considère pas comme des street artists mais plutôt comme des vandales entre le vandalisme et le graffiti.

Le graph non autorisé ce serait plus des mecs comme Nekface ou Dash Snow, qui ont réussi a rentrer à leurs manière dans un système business où en même temps il manque des trucs, il manque quelque chose de plus profond que des mecs comme Obey, Banksy où ça va plus loin.

Il faut jouer sur les trucs, oui on consomme du dégueulasse, oui on aime les Nike, il faut qu’on arrive a cerné ça, maintenant le paradoxe il est plus profond : pourquoi on ce détruit ? pourquoi on ce tise autant ? pourquoi on finit drogué a frappé ses pots devant le palais de Tokyo ? pourquoi cette génération elle est tellement taré ?

Tout est un grand cirque, où on arrive a peine a contrôler l’évolution humaine, on connait tellement peu de vérité, on est encore en train de ce poser la question du mariage gay, alors quand tu vois les mecs de Civitas dans la rue, tu te dis qu’on est encore pas loin du moyen âge, tu te dis que l’évolution humaine, le plan où on communiquera par le cerveau sans plus rien parer, sans plus jamais s’énerver on en est encore tellement loin, il y a encore tant de chemin a faire.

Lizard : Je pense qu’on a du mal a dire si c’est bien ou si c’est pas bien. Même dans le milieu des personalités où on voit les gens qui ce touche tous un peu la nouille, nous on est les premiers à ce toucher la nouille mais pas en public. Oui on s’aime bien, on a envie aussi de ce petit truc, comme tout le monde a sur son Facebook, d’avoir la petite page qui tue. On essaye de ressentir tout ce côté un peu crade que les gens parfois ne voudraient pas voir et que nous on accepte très bien. On est des loosers mais des loosers sympa.

Sam : C’est juste puissant, c’est d’une puissance totale, on est l’inverse des gens blasés en fait. On essaye de mettre le maximum de style.

Lizard : Inutile avec énormément de style.

Je vais finir avec la question traditionelle, qu’est ce que vous buvez comme café ?

Sam : Irish Coffee, d’ailleurs j’en boirais bien un là !

Lizard : J’aime beaucoup les cafés Sud-Américains particulièrement le Colombien, ceux qui sont plutôt puissant, fruité et parfumé avec un sucre ! et si possible une cigarette.

Sam : Et on fera une marque de café un jour (rires).

Ici le site internet :

http://www.gbh3.fr/ 

Le GBH3 exposera à la « Seven Gallery » en 2014.

 

 

2 réflexions sur “Interview inédite du GBH3 : Not All Surrender !

  1. Bonjour, la ruralité n’excuse pas les fautes d’orthograff, les blases pas très originaux (on va dire que c’est un hommage) une méconnaissance de l’expression urbaine (visez un peu plus loin que les têtes de gondole – Dashsnow comme Banksy, Obey ou André a une moindre échelle SONT le système – ça aiderait à ne pas vous prendre pour des débiles prétentieux mais c’est aussi une maladie de novice… Au delà de la promo personnelle il faudrait peut-être se pencher sur l’expression personnelle donc vivement que vous vous fassiez sauter (comme ça vous comprendrez peut-être que le style n’est rien dans la rue s’il n’y a pas de message, lisez no logo en attendant…) ou démonter la gueule puisque vous ne respectez pas les prods des anciens… ça monte doucement donc vivement le prochain vernissage !

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