Clipping – Midcity : Du bruit criard et swag

Dans le paysage Hip-Hop, la mode est clairement au minimalisme. Que ce soit les beats calmes et classes d’un Kendrick Lamar ou qu’ils soient angoissés et malsains comme chez Tyler, The Creator. Mais vous devez commencer à me connaître (relativement) et bien évidemment, je vais plutôt digger dans ce qu’il y a de plus étrange. Généralement pour ne pas marcher sur les plates bandes de mes confrères qui eux, s’intéressent à une musique qui utilise des mélodies de manière plus fréquente. Faudra que je me fasse soigner un jour.

Par chance, c’est grâce à un excellent podcasteur musical américain, The Needle Drop que je suis tombé sur un groupe de hip hop qui tire plus dans l’ultraviolence.

Et bon sang, quel nirvana.

« It’s Clipping, Bitch ! »

midcity_clipping_cover

S’il y a un minimalisme absolu de la musique, ce serait de n’utiliser que des sons atonaux, aucune mélodie, juste ce qui peut s’apparenter à du bruitisme. La musique bruitiste, parlons-en un petit moment.

Non, revenez, ça va être intéressant.

Alors que sont Clipping, exactement? Parce qu’on sait pas trop.

Daveed Diggs est le MC de cette mixtape que le groupe a sorti à prix libre (donc si l’on veut, on peut se la procurer gratuitement) sur leur Bandcamp, tandis que Jonathan Snipes et William Huston s’occupent de la production. Et si Diggs, avec son flow parfois rapide et précis (dans Intro c’est flagrant) parfois lent et définitif (Loud), reprend à son avantage les codes du flow hip hop dans ce qu’il a de plus commun, la prod ne suit pas. Au contraire, au lieu de synthés précis, de loops rythmiques et de samples, on y met à la place des distorsions ultra-violentes, des larsens et des bruits blancs qui détruisent les tympans des non-initiés. Et des initiés aussi, pour être tout à fait honnête.

Car dans Midcity, les instrus introduisent du malaise et de la violence dans un l’aspect quasi-nihiliste. Et le résultat, s’il est déroutant au premier abord, devient très vite des plus fascinants. Surtout quand il se mélange à des trucs qui d’habitude gênent les puristes dans le hip hop mainstream : en l’occurrence ces incursions autotunesques dans le morceau Bullshit ou dans Guns Up … plus malsain et déroutant qu’autre chose, mais qui agit presque comme un iceberg de mélodie dans un univers ou rien n’est confortable et tout est agression, jusques aux presques paradoxaux cris « Swag ! Swag ! », dans Get.it, qui est couplé à un ultrason qui peut percer les oreilles.

Paie ton swag, biatch.

Clipping s’inscrit dans cette tendance du hip-hop alternatif à ne plus chercher à édulcorer les malaises et la violence, et ce jusque dans les instrus. Et en mélangeant le flow de Diggs à ces orgies bruitistes est juste un délice étrange et déroutant, qui fait de Clipping un véritable électro libre de la scène hip hop.

Gratuit par moments, iconoclaste et froid, le son de Clipping dans Midcity est définitif, puissant, grave et hardcore. Et c’est à prix libre sur Bandcamp. C’est-y pas beau tout ça ? Et pour vous le procurer, allez donc sur le Bandcamp de Clipping. Bitch.

 

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