My Bloody Valentine/French Cowboy and the One : De la mémoire

AVANT PROPOS : Cette chronique a été écrite et lue par votre serviteur durant l’émission de branlette Post-Marxiste ERREUR 404 du 7 juin 2013, sur RADIOM, radio associative merveilleuse de Castres. Vous pouvez retrouver le site de la radio via CE LIEN et le podcast de l’émission en question via CET AUTRE LIEN (l’intervention est après deux heures d’émission, vous pouvez tout écouter). Sachez-le.

Putain que j’attendais ce moment. Vous n’imaginez même pas. Et pourtant, moi et My Bloody Valentine, ça ne date que depuis une année à peine, quand je me suis enfin jeté, dans ma quête de bruit, sur Loveless, et dont je ne suis toujours pas revenu. Et quand j’ai vu le miracle que provoque un concert, à Ramonville-Saint Agne (près de Toulouse), dans une des meilleures salles de France, le Bikini,mon sang n’a fait qu’un tour.

Dans un Bikini scandaleusement pas complet (syndrome du lundi soir oblige), s’installent une première partie : French Cowboy and the One. J’apprendrai plus tard que ces gens ont pas mal de bouteille. Et force est d’avouer que leur set est d’une efficacité puissante, d’un son parfois abrasif mais toujours groovy et rock. Ca fait toujours plaisir d’avoir une première partie de qualité, surtout dans des évènements comme ça.

Puis vient le moment. Alors qu’une armée de roadies sont affairés à régler tout le matos (et croyez moi qu’il y en avait, c’était une véritable pornographie de matériel), la pression monte. Je suis placé contre la scène. J’ai peur. Peuvent-ils être aussi puissants sur scène qu’ils le sont sur disque ? Ont-ils encore la fougue de leur jeunesse ? La réponse s’appelle I Only Said, qui ouvre le live avec classe absolue.  Non seulement ils sont encore motivés (l’album mbv était déjà un signe) mais les morceaux prennent une ampleur telle en live que c’en est presque invraisemblable. Un rêve sonore à 135 dB.

Dans un set varié (Les trois albums, Isn’t Anything, Loveless et mbv sont représentés, ainsi que le EP You made me Realise, forcément), Jen Marco, Debbie Googe, Colm O Ciosoig, Bilinda Butcher et Kevin Shields jouent, avec un son millimétré, une finesse de ton, un charisme et une classe inégalables. S’ils restent sobres, ils communiquent parfois avec le public toulousain. Kevin célèbre sa fête et Bilinda de faire une légère boutade à l’annonce du titre Nothing Much To Lose, appuyée par un « ba-dum-tss » de Colm. L’ambiance est simple, sobre, et pourtant puissamment marquante. Car là où ils brillent est fatalement lorsqu’ils jouent. Kevin et Bilinda restent campés sur leur position, concentrés sur leur chant et leurs guitares, tandis que Debbie et Colm appuient le rythme et bougent plus frénétiquement.

Les morceaux s’enchaînent, plus beaux les uns que les autres, qu’ils soient surpuissants sur Only Shallow, bruyants sur Nothing Much to Lose ou Thorn, dansants sur le tube Soon ou encore doux et apaisants comme To Here Knows When : et ce jusqu’à la dévastatrice rendition de You Made Me Realise, clotûrant le concert, avec la fameuse Holocaust Section de 10 minutes, session bruitiste/shoegaze absolument mémorable.

Puis ça s’est fini. Après une session sans faute d’une heure trente, ils s’en vont. Et depuis, je suis toujours pas redescendu. Non. Tant et si bien que je casse les couilles à mon entourage avec ça. Vous pourrez leur demander.

2 réflexions sur “My Bloody Valentine/French Cowboy and the One : De la mémoire

  1. Beau papier, Jean !
    Après avoir assisté au concert de My Bloody Valentine à Montréal, j’ai pris la direction New York afin de revivre ce miracle ! Comme toi, je ne suis pas redescendu. Un des plus beaux moments qu’il m’ait été donné de vivre, moment qui se prolonge et m’électrise comme un feed back sous-cutané.

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