Nine Inch Nails – Hesitation Marks : En haut de la spirale

Trent Reznor est enfin de retour avec Nine Inch Nails après un Oscar, une petite virée trip-hop/electro avec How To Destroy Angels (HTDA) et quatre longues années de hiatus. Pour faire un très bref rappel, Nine Inch Nails est ce groupe qui, dans les années 90, a démocratisé le rock industriel. Pour vous faire une idée de la créature, David Bowie compare l’impact de Trent Reznor sur la musique à celui des Velvet Underground et The Downward Spiral, deuxième album du groupe sorti juste après l’EP Broken, est considéré comme l’un des 500 meilleurs albums de tous les temps par le magazine Rolling Stones. Rien que ça.
Nine Inch Nails revient donc avec un huitième album studio. Bien plus qu’attendu au tournant, Hesitation Marks a débarqué lundi et défraie la chronique depuis sa sortie. Petite analyse de l’album en question.

Ce qui frappe à la première écoute, c’est le minimalisme. Et grand dieu que cette dernière fut laborieuse. Trent Reznor nous avait habitué à des arrangements fouillés (The Fragile, The Downward Spiral) et même si ses derniers essais avec How To Destroy Angels comportaient cette même empreinte artistique, Welcome Oblivion (dernier album en date de HTDA) s’écoutait facilement d’une traite. C’est au fur et à mesure des écoutes que cette sensation va vite être balayée. La section rythmique presque uniquement électronique d’apparence simpliste (et qui fait directement écho à Pretty Hate Machine, premier album de NIN) se révèle horriblement efficace et la majorité des titres font apparaître tout leur potentiel sur la durée (Disappointed et son final, Satellite et ses couches de synthétiseurs/guitares).

Et c’est là que tout cet album tire toute sa force : en plus d’être un album qui prend du cachet au fil des écoutes, il en révèle un relief  dont on en avait pas vu depuis fort longtemps : les rythmiques minimalistes de Find My Way amplifient ce fabuleux refrain pour offrir un final exceptionnel, la violence des couplets d’In Two concentre toute l’attention de l’auditeur pour qu’il se perde sur le pont et sa montée très typé The Fragile… Le relief ici est caché mais lorsqu’il est découvert, c’est une impressionnante carte sonore aux multiples facettes que l’on déniche au fil de l’album.

Aussi, si vous êtes un poil renseigné sur l’histoire de Nine Inch Nails, vous aurez surement remarqué la forte ressemblance de style entre les artworks de The Downward Spiral et ceux de Hesitation Marks, réalisé tout deux par Russel Mills. La comparaison ne s’arrête pas à la pochette : au niveau du ressenti musical tout d’abord, cette immense tension que l’on pouvait sentir sur la spirale se retrouve dans Hesitation Marks à tous les niveaux, amenée d’une manière différente, à l’image de Copy Of A avec sa rythmique abrutissante et ses guitares. Les vocaux très aigues d’In Two (plus utilisé depuis The Downward Spiral) ramène à l’album jaunâtre (Heresy par exemple). Enfin, le morceau All Time Low est blindé de référence de part son groove mécanique et sa tension sexuelle qui avait presque disparu depuis Closer mais surtout au niveau des paroles (« How did we get so high » répondant au refrain de Ruiner « how did you get so big? / how did you get so strong? / how did it get so hard? / how did it get so long? »).

On est donc face à un album d’une extrême cohérence, mené d’un bout à l’autre par une main de maître. Même le titre Everything que les puristes portent en exemple de leur mécontentement s’intègre parfaitement dans l’esthétique de l’album. Le titre le plus optimiste de la galette se trouve être un hommage à la scène post-punk qui a influencé Reznor pour lancer la machine Nine Inch Nails.

Hesitation Marks compile les doutes d’un homme qui vieillit, confronté à sa mémoire, au temps qui passe. Si l’époque des destructions de machines et autres murs sonores est définitivement révolue, le fond reste intacte. Le mal-être transpirant chaque titre de cette galette place Hesitation Marks comme le successeur direct de The Downward Spiral dans une discographie sans erreur.
Cet album va diviser comme tout ce que Nine Inch Nails a produit depuis la spirale. Et si on se souvient des critiques assassines qu’avait reçu The Fragile à sa sortie (Pitchfork) et au vu du statut désormais culte de ce dernier, Il y a fort à parier qu’Hesitation Marks suivra le même chemin dans les années à venir.  Trent « GOD » Reznor est de retour et signe l’album de l’année 2013 et l’un des albums les plus intéressants des cinq années qui viennent de s’écouler. Merci Monsieur.

Chez Midnight Coffee, on adore quand  le débat donne lieu à des avis complètement divergeant mais tout aussi intéressant. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec cet album et un autre chroniqueur de MC à voulu donner son avis par le biais de sa chaîne de podcast, Les vidéocritiques de J. La vidéo est disponible ci-dessous.

2 réflexions sur “Nine Inch Nails – Hesitation Marks : En haut de la spirale

  1. Salut, ta critique est sympa bien qu’un peu trop passionnée: cet album, tout fantastique qu’il est, n’est après tout que le produit de l’apaisement de Reznor après sa cure de désintox (qui a suivi The Fragile), de son développement vers un côté plus électroindus (avec notamment How To Destroy Angels) et du recyclage de son bébé (NIN) en quelque chose qui corresponde mieux à sa personnalité plus calmée de quarantenaire.
    il y a un truc que tu as oublié : l’orthographe. Dsl, mais n’est pas journaliste qui veut !

    1. L’apaisement de Reznor s’était déjà matérialisé avec With Teeth et Ghost et le développement électro/indus dont tu parles a atteins son paroxysme avec Year Zero. Hesitation Marks est, je trouve, dans la continuité de tout ça tout en ayant un regard vers le passé. C’est en ça que je trouve qu’il est absolument indispensable. Et puis, si on suit ton raisonnement, The Downward Spiral, tout fantastique qu’il est, n’est que le produit de sa haine autodestructrice, non? Mais merci pour le commentaire et ton avis, ça change pas mal de ce qu’on a l’habitude de lire 😉

      Pour lé fot, promi, jeu v esaiyé 2 fer atention la procheine foi! (je me suis jamais auto-proclamé journaliste hein!)

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