Rencontre avec Jed Voras, un collectif qui donne un nouveau visage à l’art contemporain

Après avoir rencontrer le collectif Jed Voras autour d’une exposition lors de l’ApéroBpM le mois dernier, on s’est dit que ce serait bien de vous parler de leur projet. Je me suis donc rendu dans le 13ème arrondissement de Paris, à domicile dans leur propre galerie afin d’interviewer un membre de l’équipe :

Jed Voras

Peux tu expliquer le concept de Jed Voras ?

Aleksandra : Notre concept se traduit par une entreprise dans le domaine de l’art et du clubbing, moi je m’occupe de la partie art en organisant des expositions, j’invite aussi quelques dj’s et mon collaborateur Clément Fabre lui en plus d’être dj sous le nom de « Slo Blo » dans la team du magazine Tsugi, mixe pour Jed Voras et s’occupe de la branche musique. Ce projet existe depuis quelques mois dans cette galerie qui est en quelque sorte le siège social dans lequel on organise des évènements autour de notre concept, qui est donc d’organiser des soirées dans des galeries d’art. On essaye de combiner l’esprit clubbing avec l’esprit exposition, en organisant nos évènements dans des lieux spécifiques, différents des clubs habituels pour avoir des présentations artistiques en même temps que des dj-set. Notre objectif est d’inviter des gens qui s’échangeront leurs contacts, pour faire bouger le milieu de l’art à Paris. Pour ce qui est de mon parcours, j’ai été manager d’une galerie à Londres, j’ai aussi été curatrice pour le club « EGG ».

Vers quel type d’art vous orientez vous ?

A: De l’art qui est en accord avec l’esprit clubbing, on ne va pas exposer des peintures par exemples, car ce n’est pas un type d’accrochage qui colle avec cet esprit, même si j’aime beaucoup les peintures. On va plutôt s’orienter vers des installations artistiques moderne, on s’oriente vachement sur l’art contemporain en fait, avec par exemple des médium qui brillent, des machines a fumée, les lightbox ou encore le V-jing.

jed voras expo 2

Qu’est ce qui vous a donner envie de créer ce projet ?

A: Moi j’ai toujours été dans la branche de l’art, j’ai toujours organisé des évènements, j’ai commencé en tant qu’assistante de commissaire d’exposition. À Paris j’ai travaillé chez Thaddaeus Ropac, j’ai travaillé en tant que rédactrice pour Paris-Art. Donc j’ai beaucoup suivi ce qui ce faisait dans les galeries parisiennes, c’est un milieu que je connais vraiment. À mon retour de Londres, on a trouvé cette galerie et on c’est dit qu’il fallait absolument que l’on rentre dans cette nouvelle ère du clubbing qui permet d’ouvrir les portes à des gens qui sont professionnellement actifs, des arty clubbeurs comme je les appelle. Donc voilà on essaye de développer cette branche artistique sur tout les pans, que ce soit le visuel, le plastique et la musique.

C’est un peu une façon de faire en sorte que les gens s’intéressent à l’art au travers de la musique.

A: Oui voila, on essaye d’atteindre au mieux une exposition qui soit immersive. Donc immersive, ça suppose d’intégrer la musique et l’accrochage dans une espace qui englobe les personnes qui viennent faire la fête.

Jed voras expo

 

D’où viens ton intérêt pour le milieu de l’art ?

A: Alors j’ai fais des études de philosophie à la base, j’ai un master de philosophie française contemporaine, j’ai toujours eu une pratique artistique à côté. Mon intérêt vient du fait que les galeries d’art, j’ai toujours trouvé ça trop guindées et avec peu d’intérêt pour la jeune génération. Donc dans mon développement curatorial, dans le concept de « qu’est ce qu’est une exposition », j’ai petit à petit développé cette idée de l’art/clubbing.

Tu as de la famille issue de ce milieu ?

A: Mon père est chanteur d’opéra, ma mère est pianiste donc j’ai toujours eu une patte dans tout ce qui est scénographie et musique, ma tante fait du théâtre donc on a vraiment une famille d’artiste. J’ai toujours été encré dans la création.

Qu’est ce que tu penses de l’évolution de l’art contemporain ?

A: Aujourd’hui l’évolution de l’art contemporain est t’elle que les galeries sont toujours là et vendent énormément, mais comme je le disais la jeune génération se dirige plus vers des expositions qui sont beaucoup plus immersive et qui prennent en compte le côté phénoménologique de l’art. Une tendance artistique, qui va beaucoup plus vers le sensitif que vers l’art conceptuel qui à émerger avec Marcel Duchamp, et que les galeries continuent à développer. Nous on ne le développe pas tellement, en milieu de clubbing ce qu’on propose ce n’est pas des grandes réflexion sur « qu’est ce que la beauté ? » ou « qu’est ce que le beau? ». Même si tout de même on contribue à répondre a ce genre de problématique philosophique, on essaye de le résoudre en proposant des sensations aux gens.

Selon toi il y a toujours un intérêt général pour la culture artistique ?

A: J’en suis convaincu, mais l’avant scène se trouve à Berlin, ensuite Londres et puis Paris qui se retrouve un peu en retrait par rapport à ça. Mais je pense que en partant de toutes ces idées là, qui sont en fait le tremplin de Jed Voras, on va réussir à faire revivre le mouvement clubbing et à donner une vraie marque au milieu clubbing et artistique de Paris.

Justement il y a des villes à l’étranger, dans lesquelles vous souhaitez organiser des évènements ?

A: Oui, on a déjà organiser des évènements au EGG club à Londres, on a aussi participer à une grosse soirée techno à Londres. En avril dernier, Slo Blo à jouer à Berlin, on se déplace déjà en Europe en fait. Le mois d’août prochain on fait une installation artistique et des dj’s sets Jed Voras pour un festival en bord de mer en Pologne.

 livio

On dit de plus en plus que la musique et l’art sont deux univers qui se complètent, tu es d’accord avec ça ?

A: Je pense que ça fait partit du phénomène, on a aboli il y a très longtemps les limitations entre la danse, la peinture et la musique. Je dirais que les clubs, particulièrement dans les années 80-90, ont remis un espèce de clivage entre la musique électronique, les arts plastiques et la danse. Ce que nous on essaye de faire c’est très similaire à ce qu’ont essayé de faire les artistes dans les années 20-30, c’est à dire mélanger les genres et ne plus avoir cette distinction, d’où l’idée de faire du clubbing pendant des accrochages artistiques. L’un des prochains projet sera d’ailleurs de mettre des performeurs dans la foule.

Qu’est ce qui vous a pousser à vous orienter vers le V-jing ?

Le V-jing c’est en premier lieu une source de lumière, cela fait partit des éléments que l’on va naturellement utiliser en clubbing tout comme le sont les installations de lumière et les machines à fumée.

Jed Newtrack

Vous avez une date à venir ?

La prochaine date est au Batofar le 16 juillet, Slo Blo jouera, ainsi que les collectifs Bel Air et YGRK club. On organisera tout un accrochage avec surtout des installations et des performeurs. Par la suite le festival Lezaki en Pologne dont j’ai parlé tout à l’heure.

Qu’est ce que tu bois comme café ?

Je bois pas de café, je bois du thé au lait (rires).

Après cette interview bien cool, je vous encourage à venir découvrir le collectif sur la prochaine date le 16 juillet au Batofar.

liquorice

Liquorice @Batofar Bel Air x Jed Voras

 

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