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GRAND DETOUR // ALBUM RELEASE / LIVE REPORT

29.05.2015 // Ugo Thrier // 0 Commentaire

grand détour album report

Première review oblige, comme toute première fois on va essayer de se comprendre et de s’entendre tous les deux sur nos probables différents points de vue (j’imagine que tu n’es pas avec un pote qui lit par-dessus ton épaule et tu as raison, c’est très agaçant. Dis-lui d’arrêter si c’est le cas). Je n’ai pas l’habitude d’envoyer du super méchant sur des super gentils. En tout bon chroniqueur qui se respecte, on va essayer d’être médisant sans justification valable. Je n’ai pas non plus l’habitude d’écrire des reviews sur quoi que soit, même après avoir vu un truc extrêmement génial qui vaut le coup de déblatérer pendant de longues minutes.

Grand Détour,

ça vient tout droit de Toulon, avec des membres de Bökanövsky et de Mickey Randall (pour l’anecdote, deux groupes avec qui j’avais joué en 2010 avec mon groupe de l’époque et qui m’avaient pas mal donné envie de continuer à jouer en orchestre amplifié. C’est vous dire s’ils étaient bons). La formation se veut aussi efficace que leur musique : une batterie, deux guitares et une basse. Ce n’est pas ici que tu trouveras toute autre futilité comme claviériste ou chanteur lyrique. Du Rock Instrumental aux tendances emo et aux envies Math-Rock aussi intelligentes que sombres. Aussi compliqué que simple. Revenons sur le terme « emo » ne nous méprenons pas, le vrai emo, celui qui nous vient du punk hardcore des années 90’, genre Embrace. Pas les mèches pleurnicheuses de Escape The Fate ou My Chemical Romance engendrées par Blink 182.

grand détour

Je ne t’ai pas perdu en chemin après ce mot qui pique les oreilles non averties ?

Je vais faire rapide et concis, je vais partir du principe que tu as déjà, par curiosité ou par simple pérégrination sur le net, écouté le premier LP S/T de Grand Détour. Jusque là, pas de surprise, à part si t’aimes bien le papier cartonné et les polices Sans Serif. Un skeud super efficace mais qui m’a vraiment laissé sur ma faim.

C’est, j’imagine, avec une réjouissance non-dissimulée que tu as appris que le second album de GD (Grand Détour. Green Day c’était en avril 90’) venait de sortir. Intitulé « Tripalium » , on y retrouve l’idée primaire, bien plus exposée que dans le premier LP, avec des titres aux noms toujours aussi sombrement capillotractés à la différence près qu’on y ressent un choix de sons beaucoup plus peaufiné, d’une cohérence plus qu’évidente, ainsi qu’une concrétisation du projet de sorte que cet album nous apparaît comme une suite indéniable. Une maturité arrivée à maturité. Un savant mélange de mesures asymétriques et d’harmonies tendues.

De riffs aussi timides qu’énervés le matin parce que t’as pas encore bu ton café. Cartes augmentées et septièmes majeures mélangées à des harmonies élaborées. Autant dire qu’au Moyen Âge tout ce beau monde aurait fini au bûcher avant même la moitié du premier titre qui, ne nous méprenons pas, reste une excellente entrée en matière.

La section basse/batterie défonce, à tomber les genoux à terre, la tête entre les mains à se remettre en question sur sa propre existence. Deux titres ont particulièrement retenu mon attention. «Les deux pieds dans le vide », une subite impression de calme après la bataille et avant la tempête qui s’en suit, un morceau très calme, plein de réflexion et de jolies notes sur fond de pluie; et « Arbeit und Rhythmus » que j’apprécie beaucoup sans raison apparente. Il n’y a pas d’explication à tout. 

- LIVE REPORT -

vivarium

J’ai eu la chance de pouvoir assister à la dernière date de leur tour, qui était la Release Party de l’album. L’event se passait dans un ancien collège (pour l’anecdote encore une fois, un collège que j’ai fréquenté il y a des années de ça. C’était plutôt fou d’y remettre les pieds dans ces conditions, des graffs sur les murs, une bière à la main et une cigarette dans l’autre sans devoir aller dans le bureau du CPE pour faute comportementale), organisé par un label indé sévissant sous le nom de Vivarium Production qui a repris les locaux afin d’organiser ce genre de soirée. Chapeau bas, ça fait longtemps qu’on attendait quelque chose de la sorte !

Un concert où tout s’est déroulé dans l’indifférence et la joie, décemment ouvert par Tijuana VI (bisou les copains), groupe de Surf-Rock / Garage aux tendances mexicaines, des cris scandant le mythe du Chupacabra, on y reconnait forcément la frappe du batteur de Dog Bless You, des sonorités me faisant penser à Wavves. À checker ! Suivi par un groupe instrumental dont l’étiquette exacte m’échappe une fois de plus,  Brother James, je n’ai pas regardé, désolé. J’étais dehors et j’ai croisé une vieille connaissance que je n’avais pas revue depuis quelques années. Bières sociales s’en suivent, tu comprendras sûrement. Ceci dit Sarah, qui était présente, tient à souligner que comme à leur habitude le groupe a su plonger le public dans une atmosphère à la Sonic Youth, là où la guitare est réellement mise en avant et en profite pour vous recommander leur premier LP S/T, sorti en septembre dernier. Gang of Peafowl, dont la réputation dans le coin n’est plus à faire, ont dignement défendu leur set accompagné de leur nouveau guitariste et pas des moindres, Martin, jouant aussi dans Alifib. Et Grand Détour qui a finalement clôturé le spectacle avec un set aussi propre qu’efficace. Les mecs revenaient de tournée moitié française / moitié pays de l’est avec une forme olympique. C’était tellement bien exécuté que s’en était presque énervant et déroutant…

Un peu comme la découverte d’un café « Single Origin » de chez Clipson & Sons après laquelle tu te rends compte que tu n’as préalablement bu que des cafés qui n’en étaient finalement pas vraiment, et tu t’en veux profondément d’avoir vécu tous ces matins dans cette insuffisance culturelle en matière de torréfaction.

merchandising grand detourEn plus d’être d’une incontournable classe et d’être à prix libre, le merch de GD te pousse à acheter les deux skeuds dans toutes leurs déclinaisons audio. Ce que j’ai fait bien évidemment. Des vinyles couleur vanille aux cassettes dorées ou noires en édition limitée à 100 exemplaires, tout m’a fait envie. De jolis textes explicatifs du projet avec leur intention sont à l’intérieur de chacune des déclinaisons. Un superbe boulot D.I.Y et authentique. En bref, un skeud vraiment bien foutu, à aller voir interprété dignement en spectacle amplifié ou à écouter à la maison en préparant un magret de canard nappé à la crème de mûres sauvages.

En écoute et téléchargement à prix libre sur leur Bandcamp, et en physique dans les bacs de notre disquaire préféré, La Cellule Records, 6 Rue de Pomet à Toulon. Va faire un tour, tu trouveras de quoi réjouir tes oreilles, celles de ta copine et même celles de ta mère.

Merci pour le temps que tu m’as accordé.


Ecrit par Ugo Thrier

Je suis Ugo, j'écris des trucs de temps en temps quand c'est susceptible d'être intéressant. C'est susceptible de t'intéresser si t'aimes bien l'actualité un poil plus underground et un poil en retard. Je suis susceptible. Je joue aussi dans un orchestre amplifié. Le lien est en dessous. Une bise.

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