Les Oubliés de 2012, Partie 2 : Electric Electric – Discipline

De la Tribalité Strasbourgeoise

En tant que chroniqueur d’excellence dans un webzine d’excellence, j’ai une certaine fonction à sauver notre exception culturelle nationale trop souvent mise à mal par nos mille Indochine et ersatz en tout genre. Et comme je vous disais dans une chronique ultérieure : ça mériterait qu’on s’y penche.

Non, mes formulations ne s’essoufflent pas. Chut, je vais vous parler de Electric Electric.

Electric_Electric-Discipline

Trio de Epileptic Dance Noise (de leur propre aveu) formé à Strasbourg, ils ont sorti l’an dernier un album qui a secoué ceux qui l’ont écouté, Discipline, sur le label indépendant African Tape (Dans lequel on été publiés des noms classieux comme Marvin, Aucan, La Colonie De Vacances ou encore Papier Tigre). Pour vous dire, il a fini numéro 1 de l’année 2012 pour le magazine musical papier le plus classe du monde : New Noise.

Comment appréhender la musique de ces grands malades ?

On ne peut pas.

Ecoutez leur disque pour vous en rendre compte.

Voilà.

Mais je peux quand même vous expliquer ce qui est ahurissant dans cet album. Cet album n’est pas très long (11 pistes,  49 minutes) mais fait excessivement mal. Un énorme trip dans un mélange entre musique tribale, musique industrielle, noise rock et psychédélisme. Dès le duo d’introduction Icon/La Centrale, on a affaire à une montée de puissance sonore effarante. Electric Electric manipulent les rythmes avec une dextérité hors du commun et superposent guitares, percussions sur une rythmique de batterie increvable.

Et tous les morceaux sont des puzzles qui se dévoilent au fur et à mesure qu’on explore leurs aspérités. Summer’s Eye joue un jeu de dupe avec notre cerveau, basant une polyrythmie entre une boucle de guitare en 4 temps et une batterie en 5, créant une sorte de double tranchant paradoxal dans leur texture. Neutra Tantra incite plus au shakage de booty, un peu comme le font La Centrale une fois décollé ou Ulysse. Electric Electric arrivent à vous faire danser tout en vous explosant la face rythmiquement et  mélodiquement.

XX2 va plus loin dans la dissonnance avec un riff d’intro dévastateur et effrayant. Le morceau s’étire et s’enfonce dans le mur sonore jusqu’au paroxysme atteint dans le morceau suivant, XX1. Exotica Today est également une sorte d’énigme sonore empilant guitares, samples et toms se réverbérant dans les deux côtés du casque jusqu’à en devenir fou. Et l’on devient fou, à l’écoute des 8 minutes 34 de Material Boy, un chef d’œuvre hystérique, qui met la transe comme norme et le son comme état physique. Ca monte, ça monte jusqu’à ce que les percussions achèvent l’album par un matraquage de rigueur. On se fait ramoner la face en secouant son corps en rythme. Magnifique.

Discipline est un météore noise. Un album d’une puissance et d’une fougue absolument flippante de dextérité et d’originalité. Procurez vous le d’urgence. Il le mérite.

A écouter d’urgence : La Centrale, Summer’s Eye, Material Boy, XX2

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