Interview inédite de Fauve au Mas !

Quelques heures avant leur concert au Mas des Escaravatiers dont vous pourrez retrouver la chronique ici, Midnight Coffee a eu la chance de rencontrer le collectif parisien FAUVE.  Installez vous confortablement, prenez un petit café, l’interview va débuter.

On vous connaît peu finalement, comment définir FAUVE ?
On est une quinzaine à travailler sur FAUVE depuis 3 ans, dans ce que l’on appelle le « Corp », âgés de 16 à 40ans, des musiciens, des vidéastes, des photographes, des paroliers et on se retrouve pour collaborer et développer le projet. Des gens basés à Paris, mais qui viennent de partout en France. Le seul point qui est légèrement secret, c’est notre vie privée. Autant dans les textes on peut avoir des paroles très impudiques ou personnelles, autant on a plus de mal avec les photos, on ne veut pas en faire trop. On n’est pas à l’aise avec ça, ça nous emmerde, devoir poser, mettre un visage sur ces textes. Ça ne nous apporte rien. On a pas de soucis à se montrer, souvent on reste après les concerts et on discute avec les personnes présentes, mais les médias c’est autre chose.

Pourquoi « FAUVE » et pourquoi ce logo ?
« FAUVE » parce que c’est juste un terme auquel on associe tout un imaginaire qui correspond totalement à ce qu’on voulait faire en tant que démarche et comme résultat de notre travail. On veut réaliser quelque chose d’assez brut, fort, de plutôt coloré et le meilleur terme que l’on est trouvé c’est celui-là. Et quand on nous demande de décrire notre musique on répond qu’elle est « FAUVE ». Il faut distinguer « FAUVE » le projet, le collectif et « FAUVE » le qualificatif. Entre nous on va souvent se demander si ça c’est « FAUVE » ou si c’est « Pas FAUVE », en parlant de tout est de rien. Et c’est ça qu’on a choisi, parce que ce qu’on veut faire c’est quelque chose de « FAUVE ». Et du coup on se demande souvent si ce que l’on produit c’est « FAUVE ». Ça nous permet de rester toujours dans le même axe, la même démarche. Et pour le logo, on voulait avoir une sorte de référent visuel, c’est juste un « F » dont la barre est tombé pour donner « ≠ ». A la base c’était quelque chose de très brut, et on a aimé le fait que n’importe qui puisse se l’approprié et le reproduire. Pas quelque chose de trop stylisé et impossible à refaire. C’est juste trois barres !

En deux ans et demi d’autoproduction, vous avez finalement émergé il y a seulement quelques mois. Comment vous expliquez ça ?
En fait ça fait seulement 1 an et demi qu’on a commencé à travailler « publiquement », ça a pris énormément de temps pour définir ce qu’on voulait faire. Je pense qu’il y a un moment où tous c’est accéléré, à peu près vers octobre 2012, quand on a sorti le clip de « Nuit FAUVE » et notre premier vrai concert à la Maroquinerie. On a commencé à vraiment défendre notre projet. On pense que le soutient que l’on reçoit est tellement fort, qu’il dépasse la simple écoute. Cette dimension de bouche à oreille est complètement dingue. C’est petit à petit, grâce aux personnes qui se sont sentit touchées par le projet, qu’on a réussi à se développer et à se faire connaitre. C’est quelque chose qu’on n’a pas pu contrôler et qu’on ne contrôlera jamais.

Votre premier Ep « Blizzard » est sorti le 20 mai, et certains de vos titres, sortis préalablement, comme « Saint Anne » ou « 4000 îles » n’y sont pas présents. Comment s’est déroulé le choix des titres ?
On voulait faire un EP avec pas mal de titre et on avait aussi pas mal de titre en stock. L’idée c’était qu’on ne pouvait pas mettre une dizaine de titres dans un EP, ça n’avait pas vraiment de sens. Il a fallu faire un choix et éliminer certains titres. Et quand on a regardé les titres qu’on avait et les nouveaux, on à décider d’écarter « Saint Anne » et « 4000 îles » parce que c’est des titres qui sont un peu à part et qui ne sont pas tout à fait dans la direction que l’on veut prendre avec FAUVE. Dans le sens où, « Saint Anne » c’est un titre assez dépressif, assez sombre et « 4000 îles » c’est complétement l’inverse, t’as un truc un peu naïf, de célébration des belles choses, mais où il n’y as aucun constat. C’est deux titres aux deux opposés de ce qu’on veut faire avec FAUVE. Pour nous, FAUVE se doit d’être un peu réaliste. A la fois, pas trop dépressif, ni destructeur, c’est pas du tout l’esprit. On veut construire quelque chose.

 Comment se passe l’écriture de vos textes ?
Dans le collectif, y’a vraiment qu’une seule personne qui écrit tous les textes, qui va écrire à volo des pages et des pages de textes et puis ensuite on sélectionne une thématique pour ensuite en faire un squelette de chanson. On sélectionne les phrases que l’on trouve intéressante et on construit véritablement un texte. Et après, à partir de ce simple texte, on commence à réfléchir à quel type de monde musical on veut créer autour. Ce processus est le même pour toutes les créations du collectif, que ce soit le graphisme, les photos ou même les t-shirts : l’approche est très simple. On réalise en amont un travail collectif, où on détermine une direction dans laquelle on veut aller, les détails que l’on veut mettre en avant. Tout le monde n’est pas capable de faire a partie exécution, c’est pourquoi on organise des sortes de brainstorming, où on parle d’un thème et une personne détient le rôle de « scribe » et qui sous la base de toutes ses idées qui ont argumenté le débat, va agglomérer tout ça, pour en faire un texte un peu plus digeste. Et enfin, on retravaille ça en collectif pour voir comment on peut le mettre en chanson.

Un terme qui est très récurrent chez vous et qui as donné le titre de votre EP, c’est le « Blizzard ». Ça représente quoi pour FAUVE ?
Le blizzard, c’est la dépression. C’est un concentré de toutes les agressions que l’on peut recevoir, toutes les choses négatives qui vont venir de l’extérieur. Grave ou non. Mais c’est aussi ces choses que l’on ressent à l’intérieur et qui nous font du mal. Chacun a ses propres démons, ses propres failles. Et c’est pour ça qu’on dit que le « Blizzard » il souffle dedans, il souffle dehors. Et « Nique sa mère le blizzard » c’est plutôt « Nique sa mère la dépression, la tristesse. »

 Malgré ce côté très personnel dans vos textes, beaucoup de personnes sont touchées ou se retrouvent en eux. Quelle relation avez-vous avec votre public ?
Parfois c’est difficile à assumer, on a des témoignages de personne qui nous dise qu’on les aidés, qu’on les a touchés. Mais on n’a pas fait exprès ! Quand certaines personnes viennent nous remercier de les avoir aidés, ça nous met mal à l’aise. Parce que à la base c’est très égoïste ce qu’on fait, c’est juste pour nous et nos proches. Et les chansons nous aident. Et qu’on nous remercie pour ça, c’est comme si on l’avait fait exprès. Alors que ce n’est pas du tout le cas, et on ne trouve pas ça légitime du coup. Après les personnes qui nous suivent sont vraiment extra, on a l’impression de partager quelque chose de très fort avec eux. On sent énormément de soutient, de chaleur simplement. On a eu très peur qu’on a sorti nos première productions, et de ressentir tout ça venant du public, on a eu moins l’impression d’être seul et du coup on a une relation d’égal à égal. Des fois, y’a des petits ratages en concert, et quand ça arrive on attend souvent « Ce n’est pas grave », « Allez s’y on recommence » et avoir le droit à l’erreur, c’est juste génial.

Pour finir, quels sont vos projets pour le futur ?
On vient juste de l’annoncer, on va créer notre propre label « FAUVEcorp », pour continuer sur cette lancée de l’auto production. Et si tout se passe bien, courant janvier 2014, la sortie du premier album, composé uniquement de nouvelles créations. On ne veut pas faire un album commercial, avec tout ce qu’on a pu sortir jusqu’à maintenant et qui a marché. On a beaucoup de musique en stock et on voudrait pérenniser tout ça.

En somme une rencontre vraie et sincère qui rappelle les valeurs de certains artistes et qui déglingue le blizzard. Bisous.

 

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