The Body – I Shall Die Here : De la collaboration

The Body est un duo de ce que l’on appelle Sludge Metal. MAIS QU’EST-CE QUE LE SLUDGE METAL ME DIREZ VOUS ? Bah c’est du metal lent et poisseux avec un chant inspiré du hardcore, les meilleurs représentants sont, entre autres, EyeHateGod et plus récemment, Stone Titan, et arrêtez de poser des questions c’est moi qui parle.

the_body_coverD’autant plus que parler de sludge metal est compliqué, car I Shall Die Here, leur nouvel album, est un album qui n’est pas totalement sludge et pour cause, il est produit par Bobby Krlic, mieux connu sous le nom de The Haxan Cloak. Il a sorti l’an dernier ce qui est, à mon sens, le second meilleur album avec l’incroyable disque d’ambient-dub Excavation. Et cette collaboration, elle se sent, parce qu’elle apporte un tout nouveau corps a The Body.

Le sludge minimal de The Body passé par le filtre de The Haxan Cloak est une sorte d’hybride malsain d’électro et de noise, appuyé par des sons de basse abrasifs au possible et un chant totalement inhumain qui devient encore plus terrifiant. La musique de The Body dans cet album est une sorte d’énorme nuage noir apocalyptique.

Mais si c’est certes une musique terriblement sombre, elle est désespérée et cathartique avant d’être terrifiante, au final. Ce qui ressort c’est pas qu’on a peur, c’est qu’on est plongé dans un océan de total désarroi. Ca se ressent en particulier dans l’incroyable opener To Carry the seeds of Death Within Me, véritable performance de cet album qui joue avec les nerfs de l’auditeur d’une manière assez phénoménale.

Cela dit, la sauce a parfois du mal à prendre, comme dans certains éléments de Our Sould Were Clean, qui n’ont pas le même impact et versent parfois un peu trop dans le gimmick. Mais l’album, peut être un peu aidé par sa durée relativement courte, s’en sort honorablement. Une fois rentrés dans le trip, la durée ne se sent pas. A vrai dire, devant un tel monolithe, on ne sent plus grand chose.

[tube]http://www.youtube.com/watch?v=WiG0nI6r1Qg[/tube]

On notera aussi l’usage incroyable des moyens de production de The Haxan Cloak, notamment dans le dernier morceau Darkness Surrounds Us, ou le très Sunn O)))ien The Night knows No Dawn. Si vous aimez certains vieux albums de Sunn, il y a des choses qui vous plairont dans cet album. Y a aussi un aspect très industriel dans leur musique qui est extrêmement bien géré, notamment dans Hail to Thee, Everlasting Pain, qui m’a fait penser, à certains égards, à du Pharmakon, notamment sur la fin.

The Body et The Haxan Cloak ont donc créé un album assez fascinant et cathartique avec I Shall Die Here, et il y a fort à parier que leur collaboration a un potentiel à exploiter. Après, je reste un petit peu sur ma faim, parce que j’attendais beaucoup de cette collaboration et je me retrouve avec juste un bon album. Mais il s’agit tout de même d’un superbe effort de la part de The Body, et reste à voir ce qui peut sortir de pareille collaboration.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.