Droit de Réponse : Yeezus – RAMENEZ CES CROISSANTS !

Ok, que ce soit clair, cet article/droit de réponse (à l’article du camarade DJK, disponible ICI) n’est en aucun cas une attaque. Pour paraphraser partiellement le philosophe Rohff, DJK n’est pas Nas, et je ne suis pas Jay-Z. Aussi, si je sors de mon cadre de rédaction pour parler de Kanye West et de son album Yeezus, c’est parce que je souhaite apporter mon point de vue d’amateur d’expérimentation cheloues, car il en est question dans Yeezus, ce qui est d’ailleurs reproché en partie par la critique, la considérant comme inerte.

Yeezus Official Artwork

Je pose ceci : oui, Kanye a pété un câble et est très difficile dans Yeezus, musicalement comme textuellement. Mais finalement, c’est tout à fait dans la logique du personnage qu’il interprète en public : un homme délirant, égocentrique, mais qui se hait lui-même en même temps. Je ne dirai pas « ego-trip total » mais je dirais plutôt qu’il s’enfouit dans un paradoxe qui est probablement prégnant dans son magnifique et sombre fantasme tordu. Car quand il hurle « I am a God », c’est l’apogée d’un délire hystérique. Et c’est finalement logique que la production soit si violente, à la limite de l’indus hip hop d’un Dälek ou d’un Death Grips.

Mais ce que je trouve terriblement génial dans cet album n’est finalement pas que Ye parte du côté de la noise, mais qu’il mélange ça à ce qu’il nous a habitué : Blood on the Leaves est un bon exemple : à l’auto-tune et au piano langoureux, des bruits irréguliers et l’instru froide reportée de TNGHT s’incrustent, ou même Hold My Liquor avec ce solo de synthé et ces instrus mélangées à une rythmique répétitive et assez oppressante.

Et finalement, je conclu que la première moitié (de On Sight à Hold My Liquor) est un quasi-sans faute. Ye est fou, hurle, chante et surtout, produit avec toujours un brio inégalable et des guests de qualité (Je soupçonne d’ailleurs que si R.A.M. est aussi mou, c’est parce Daft Punk a tout bouffé pour participer à Yeezus). New Slaves et Black Skinhead sont juste parfaits, agressifs et violents. Quand à l’autre moitié, si elle déroute, elle est quand même assez puissante et intéressante à analyser.

Oui, par conséquent, y a pas de All of the Lights pour passer en radio. C’est bien la preuve que Kanye fait encore ce qu’il veut, et aussi que contrairement à beaucoup dans le mainstream, il a une vision à laquelle il est fidèle et qu’il defend bec et ongles. Et franchement, cet album est un joli pavé. Kanye nous entraine dans l’esprit malade d’un égocentrique demi-dieu agressif et agressé. C’est noir, c’est pas vendeur, c’est violent, et honnêtement, c’est ce qui le rend percutant. Et non repoussant. C’est paradoxal, et non incohérent.

Voilààààà, pardon.

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