Rétrospécaféine #4 : Autechre – Tri Repetae

Après diverses variations de thème en matière de rock atmosphérique et de folk trop compressée pour être vraiment honnête, et toujours dans ma tentative de rédemption de votre culture. Avortée. Je vous propose pour ce quatrième volume un voyage du côté de la musique électronique, avec un duo particulier dans un genre vaste et prétentieusement dénoté : l’Intelligent Dance Music, ou IDM. Les coupables se nomment Autechre. Prononcé A.O.te.ka, ou Ô.te.chreu, comme vous le sentez.

Duo électronique venant de Rochdale, en Angleterre, Autechre est formé de Sean Booth et Rob Brown, deux énergumènes qui aiment les circuits imprimés, la musique concrète et le graffiti. De véritables produits des années 80.  Commençant leur affres en 1991 avec le projet Lego Feet, ils formèrent Autechre en tapant au hasard sur un clavier puis en faisant une musique mélangeant synthétiseurs analogiques, boîtes à rythme et circuit bending, c’est à dire modification d’équipements électroniques pour en tirer un son particulier. Un truc d’autiste. Ou d’ingénieur.

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La musique d’Autechre ne s’écoute pas comme le reste. Ne vous attendez pas à bouger la tête ou vous éclater à ce niveau là. Cependant, il y a une méprise, car ils ont trop souvent été catalogués comme des musiciens froids, sans mélodies, se branlant sur des bruits analogiques. Il n’en est rien, et la preuve est leur album Tri Repetae, sorti en 1995. Car Autechre n’est pas juste un outil de branlotage electroniquelalogique, mais bien plus. Ils sont compositeurs avant d’être bruiteurs.

Tri Repetae comprend 10 expériences sonores qui ont pourtant la base conventionnelle de la musique, à savoir du rythme et de la mélodie. Mais comme la simplicité, c’est chiant, ces rythmes et mélodies sont passées au crible de la tambouille électrique d’Autechre. Stud voit sa ligne de basse et ses synthétiseurs criblés par une rythmique dans les ultrasons. L’opener, Dael, est un miracle de symbiose, les rythmes spatiaux répondant aux claviers égrenant leurs notes patiemment. Et Rsdio, d’osciller dans nos canaux ORL dans une confusion saine perlée d’ambiances tribales.

[tube]http://www.youtube.com/watch?v=UAYHLVQIx_I[/tube]

Là où Autechre sont passionnantq, c’est que si leur musique est assez minimale, elle est pour autant d’une richesse incroyable. Tous les détails de la musique se révèlent progressivement, après 3, 5, 10, 15, 12293, 14 écoutes. Comme un puzzle que l’on résout progressivement parce qu’on a retrouvé une pièce fondamentale qui nous faisait défaut. Et tout cela en conservant dans le même temps un art du rythme et de la mélodie indéniable. Overand et sa ligne apaisée appuyée par des sons suraïgus, Leterel qui industrifie une rythmique hip hop, ou encore ce chef d’œuvre sur ondes Rotar.

[tube]http://www.youtube.com/watch?v=He0mcOrjZKo[/tube]

La magie d’Autechre se forge dans la réécoute, ce qui explique qu’elle repousse parfois. C’est hermétique. Certes. Halala ma bonne dame. Mais ces découvertes sonores progressives valent tellement le coup que tenter d’y accéder est au minimum intéressant, surement passionnant, parfois fascinant. Et Tri Repetae est la meilleure porte d’entrée à l’univers tellement cubiste que ça paraît presque ridicule d’Autechre.

Alors, bougez vos miches et écouter ça, pour des raisons de c’est cool.

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