Piano Chat – Lands : De la fraîcheur

On entend le nom, on se dit « Moh c’est mignon. », puis on écoute l’album et on se dit « Moh c’est mignon et ça tabasse bien en plus. ». Voilà comment s’est passé mon premier contact avec Piano Chat et son album Lands, premier album du projet de l’homme orchestre Marceau Boré, qui pour l’occasion se targue d’être accompagné par notamment Yann Tiersen ou encore le sémillant batteur de Pneu, Jean-Baptiste Geoffroy, pour donner vie à un huit-titres certes court mais très touchant.

pianochat_lands_coverLe style de Piano Chat est assez improbable, sorte de folk dans laquelle s’incorpore quelque synthétiseur ambiento-virevoltant autour de la voix de Marceau, qui au premier abord me fait légèrement penser à Arcade Fire (parce que oui, je suis quelqu’un de profondément chiant en soirée), mais parfois des incursions rock n’ roll ou jazz assez surprenantes. Mais cette orchestration virevoltante a aussi, et je dirais presque surtout, un côté très fragile, surtout sur des morceaux comme Julia ou Nous Irons nous Promener, deux titres clôturant l’album et chantés en français.

Ces deux titres, nettement plus sensibles que le reste, m’ont au début un peu choqué, mais au final, ce sont des chansons réellement belles et touchantes sans être non plus totalement plombantes. Ce qui perturbe, c’est qu’elles soient accolées à 6 morceaux très différents. Le contraste est saisissant.

Car Lands, c’est aussi des morceaux assez avenants, comme le duo Ouverture/Forest, introduction bucolique au possible, ou encore Time of Love. Puis un morceau plus lent et contemplatif, Blond, appuyé par le jeu de Jean-Baptiste Geoffroy, qui décidément est aussi doué pour les battements virevoltants que pour la frénésie noise. Fragile Lands est également un beau morceau, plus rock et triste, augurant le WTF jouissif de l’album qu’est Leaving the City.

Ce sixième morceau, le plus long (6 minutes) est une sorte d’extatique chevauchée. Comme un Ghost Rider de Suicide moins abrasif. Ce morceau fait un peu bloquer dans une écoute en une traite de l’album, mais il tranche superbement bien avec l’aspect plus gentil du début de l’album, et est une transition intéressante vers les deux ballades plus graves qui suivront. Le final est super trop cool aussi.

Si il y a un truc à reprocher à l’album de Piano Chat, c’est que structurellement, il désarçonne. Mais au moins, on ne se repose pas sur ses écouteurs lorsqu’on lance Lands, on est surpris, étonné, on s’émerveille un peu, on est un peu triste, on a envie d’en découdre. Piano Chat nous propose un menu d’émotions varié, sur un fil d’équilibriste sans filet. C’est un menu assez exotique, mais avouons qu’il serait bête de se le refuser.

Allez, un petit live, pour le fun.

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