Chausse Trappe – Chausse Trappe : Du nirvana

Un des albums de l’année sort le 28 avril. Et ce sera aussi l’album dont tout le monde dira que je me trompe. J’ai déjà un peu morflé lors de mon article sur Strasbourg, autant enfoncer le clou. Je m’en tiens à ce que je dis. Le quatuor à géométrie variable maintenant défunt Chausse Trappe nous laisse, dans un dernier souffle, un disque sans titre titanesque. Rien que ça. Et pourtant, c’est trois fois le même morceau. Mais je me tiens à ce que je dis.

Chausse_Trappe_coverEn fait, je suis jaloux et aigri aujourd’hui. Parce que je n’ai jamais pu voir Chausse Trappe en concert. Ce qui me désole au plus haut point, tant la puissance de transe de ce groupe doit être décuplée en concert. Car oui, on parle de Transe ici. Pas le genre, l’état. D’une sensation de répétition qui vous pousse à la folie, à la syncope et/ou au nirvana. Et ce dernier disque, reprenant le même morceau (Grandgousier) avec 3 approches différentes (une plus directe (Décembre), une où le crescendo et l’accélération rythmique sont accentués (Mars – Partie I), et la troisième où l’aspect bruyant est encore plus exacerbé (Mars – Partie II)), est une belle représentation du talent de Chausse Trappe. Parce que c’est pas si facile de garder une note pendant si longtemps et arriver à la faire monter aussi bien.

Le brio de Chausse Trappe dans le build-up musical est indéniable. Ca me fait même hurler quand j’y pense. L’enchainement de ces trois versions donne une sensation bizarre. On est au delà de l’écoute, tout devient inconscient. Et ces montées d’adrénaline, quand le rythme se double, quand les percussions se font plus marquées, le larsen plus intense, les lignes de basse plus appuyées … sont légitimement démentes. C’est une expérience sonore à la fois improbable et profondément marquante. Une rencontre entre la musique savante et le rock bruyant le plus débridé. Pareille synthèse n’avait pas été aussi puissante que depuis le dernier Electric Electric (et vous savez à quel point je vénère ce disque-là).

On va encore gueuler : « Ouaiiis mais moi aussi je peux le faire, tenir la même note pendant 20 minutes. ». Ce à quoi je répondrai : Non. Pas comme eux savent le faire. Pas aussi bien. Pas aussi honnêtement. Pas avec autant de couilles et d’émotion. Parce que oui, y a des émotions qui se dégagent de la musique de Chausse Trappe. On danse, on est paniqué, on est effrayé parfois, ou juste intrigué, mais aussi entraîné dans un tourbillon ivre de son, de musique. une possession, presque.

Gueulez tant que vous voulez que vous ne trouviez pas ça musical, que vous pensez que c’est du bruit, que c’est pas ça la vraie musique. Ce disque est fantastique. Chausse Trappe est mort. Longue vie à Chausse Trappe. Et je vous emmerde.

Vous pouvez l’écouter sur le Bandcamp de Kythibong.

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